éditorial

L'édito de Henri Guaino

Henri Guaino ©Anthony Ghnassia
Société

Fonctionnaires : arrêtons les caricatures !

Henri Guaino revient aujourd'hui sur le mouvement de grève dans la fonction publique et analyse les clichés sur la profession. 

On a beaucoup entendu parler des revendications des fonctionnaires mais le climat est alourdi par les caricatures. On dit par exemple : "Le traitement des fonctionnaires, c'est nos impôts !". Mais le traitement des fonctionnaires, c'est la rémunération de leur travail et ils paient des impôts comme tout le monde.

Il faut tordre le cou à des légendes urbaines, le seul privilège de la fonction publique pour les agents, c'est la sécurité de l'emploi. Ce qui, il est vrai, dans une société gangrenée par la précarité, est un avantage enviable. En revanche, il n'y a pas de privilège évident en matière de retraite. Ainsi, le Conseil d'orientation des retraites a calculé qu'en 2016, la pension de retraite médiane pour un salarié du privé de la génération de 46, ayant effectué une carrière complète, représentait une part du dernier salaire 1,7 % supérieure à celle d'un salarié du public. Si l'on regarde maintenant les rémunérations nettes de charge, on voit qu'elles sont en moyenne un peu plus élevées dans le public mais il faut corriger par un niveau de qualification nettement supérieur, du fait notamment du poids des enseignants et de la fonction publique hospitalière. En vérité, on est mieux payé dans la fonction publique en bas de l'échelle des qualifications. L'ouvrier y est mieux rémunéré que dans le privé mais l'écart se réduit puis s'inverse au fur et à mesure que l'on monte dans l'échelle des qualifications, avec un écart en défaveur du public qui est devenu considérable au cours des dernières décennies. 

Il n'empêche, les fonctionnaires sont toujours considérés comme des privilégiés parce que dans une société en crise, chacun scrute avec suspicion la situation de son voisin. En fait, ces situations sont très diverses mais, pour la grande majorité des fonctionnaires, ils sont dévoués à la cause du service public sans en être toujours récompensés, ni par la considération, ni matériellement. On peut prendre l'exemple de l'hôpital, celui des gendarmes et bien d'autres catégories...

>> L'intégralité de la chronique est disponible en podcast

 

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