Faut-il instaurer un congé canicule ?

Faut-il instaurer un congé canicule ? C’est le débat du jour avec Véronique Jacquier dans "Info vérité" sur Sud Radio le 26 Juin. Avec pour invités :
- Carla Dugault, co-présidente nationale de la FCPE, syndicat de parents d’élèves ;
- Eric Verhaeghe, Entrepreneur et fondateur du blog politique « le Courrier des stratèges ».
"Info Vérité" est diffusée tous les jours à 7h10 et 9h15 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

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Faut-il instaurer un congé canicule ? C’est une demande de la Fédération des Conseils de Parents d’élèves, la FCPE, qui interpelle l’État.

Des consignes qui font sourire

Les parents veulent pouvoir s’occuper de leurs enfants quand il fait trop chaud. On demande aux auditeurs si cette demande est recevable. Quels sont les arguments de la FCPE ? "La France n’est pas capable d’affronter la situation. Une situation amenée à se répéter avec le réchauffement climatique. Nos enfants sont en danger. Nos écoles ne sont pas adaptées." C’est vrai que les consignes de l’Éducation Nationale pour garder les enfants au frais font sourire, souligne Véronique Jacquier. "Tirer les volets ou baisser les stores quand les salles de classe en sont dépourvues. Garder les enfants à l’ombre". "Compliqué quand on enseigne dans des fournaises que sont des bâtiments mal isolés ou des préfabriqués ! Mais aller jusqu’à demander un congé canicule pour s’occuper de ses enfants, cela me paraît excessif."

Pour l’instant, les enseignants gèrent au cas par cas. Des écoles seront fermées jeudi et vendredi, journées les plus chaudes de la semaine, ce qui est sans doute la meilleure des solutions. Mais certains parents d’élèves sont ennuyés : cela signifie qu’il va falloir faire garder ses enfants. "Plutôt que de trouver une nounou ou de poser un jour de congé, l’idée est d’essayer de faire prendre en charge ces journées par l’État via l’institutionnalisation de congés canicule, estime Véronique Jacquier. La FCPE veut qu’ils soient pris en compte dans le code du travail."

L'exemple de l'Allemagne

Les congés canicule existent en fait déjà en France, outre-mer, avec une dérogation pour aller chercher son enfant à l’école en cas de configuration climatique extrême. "Même si nous avons très chaud pendant quelques jours, la métropole n’est pas encore visée par des cyclones" s’amuse Véronique Jacquier. Un pays est remarquable pour sa gestion des épisodes de fortes chaleurs : l’Allemagne. Si à 11h du matin il fait 25 degrés en salle de classe, les enfants sont libérés. Et il en est de même pour les salariés en entreprise. S’il fait plus de 29 degrés, ils ne travaillent que 4h. L’employeur peut aussi demander à l’employé de venir travailler tôt le matin, comme cela se fait au Japon et aux États-Unis. "Partout dans le monde, on adapte le droit du travail à la canicule. Mais on ne décrète pas des congés supplémentaires."

Un paramètre nouveau est tout de même à prendre en compte : les restrictions de circulation pour limiter la pollution. Que faire si l’on ne peut plus aller travailler ? Ou que l’on doit aller chercher son enfant à l’école ? Reste la solution du télétravail, si l’employeur est d’accord. "Les vieux diesels ou les voitures essence antérieures à 2005 sont chassés des centres-villes avec la mise en place de la circulation différenciée, soit 3 millions de véhicules. Mais la canicule n‘est pas un motif légitime pour ne pas aller travailler. C’est à l’employeur de tout faire pour vous garantir de bonnes conditions de travail. De près ou de loin, mais sans valider de congés canicule."

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