Faites-vous confiance à Jean Michel Blanquer ?

Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation nationale ©STEPHANE DE SAKUTIN - AFP
La grogne monte face au ministre de l'Éducation nationale @STEPHANE DE SAKUTIN - AFP

Faites-vous confiance à Jean-Michel Blanquer pour réformer l’Éducation nationale ? C’est le débat du jour avec Véronique Jacquier dans "Info vérité" sur Sud Radio le 5 Avril. Avec pour invités :
- Cédric Szabo, directeur de l'Association des Maires Ruraux de France ;
- Jacques Drouhin, Maire de Flagy (Seine et Marne) et président de l'association départementale des maires ruraux ;
- Sylvie Plane, professeure émérite de sciences du langage, ancienne vice-présidente du Conseil supérieur des programmes (CSP) et auteur d’une tribune dans Le Monde :  « Contre la disparition du service public de proximité de l’école »;
- Régis Metzger, co-secrétaire général du SNUipp-FSU ;
- Céline Calvez, députée LREM (5e circonscription) Hauts-de-Seine et Vice-présidente de la commission des affaires culturelles et de l'éducation
Info Vérité est diffusée tous les jours à 7h10 et 9h15 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

Le ministre de l’Éducation nationale s’est attaqué non seulement à la réforme du baccalauréat mais aussi au chantier des établissements des savoirs fondamentaux. Un chantier qui suscite de nombreuses inquiétudes chez les enseignants comme chez les parents. Ont-ils raison d’être inquiets ? 

Pas confiance dans la méthode Blanquer

"Oui, car les établissements des savoirs fondamentaux signent la mort de certaines écoles rurales, estime Véronique Jacquier. Finie la figure emblématique du directeur d’école dans nos beaux villages. Les enfants du primaire iront faire leur scolarité au sein d’un collège situé à 10 ou 20 km de là." C’est cet établissement du futur, englobant primaire et collège, qui est appelé "établissement des savoirs fondamentaux". "Si les enseignants se mobilisent, c’est qu’ils n’ont pas confiance en la méthode Blanquer. Pour un tel projet, qui bouscule l’enseignement en milieu rural, il n’y a eu aucune concertation avec les syndicats".

L’Assemblée nationale a adopté les amendements à la mi-février. Le Sénat doit maintenant également examiner le texte début mai. Jeudi 4 avril, Jean-Michel Blanquer a été interrogé au Sénat sur les craintes suscitées par les regroupements primaire-collège en milieu rural. Il a assuré que les choses se feraient sur la base du volontariat pour les communes et qu’elles seraient discutées avec les équipes pédagogiques. Mais cela n’apparaît pas dans le texte… 

Seule motivation : réduire les dépenses publiques

"Une méthode discutable, estime Véronique Jacquier. Mais, sur le fond, Jean Michel Blanquer a-t-il raison de plaider pour ces établissements des savoirs fondamentaux qui sont très décriés par les Gilets Jaunes ?" "La méthode est peut-être discutable mais Jean-Michel Blanquer sait aussi très bien que, s’il avait demandé aux syndicats leur avis, ils auraient tous dit non !" En effet, le regroupement des savoirs fondamentaux sera forcement synonyme d’enseignants en moins. Partout, les collectivités locales voudront faire des économies, et le recteur voudra récupérer des postes. Mais cela peut se comprendre : en France, 46% des écoles primaires comptent entre deux et quatre classes. "Cela coûte cher, c'est à la charge de la commune, et il n’y a pas toujours suffisamment d’élèves pour maintenir l’école ouverte, souligne Véronique Jacquier. Pour sauver l’école rurale, comme le présente le ministre, n’est ce pas pertinent d’envisager un regroupement avec une continuité pédagogique, plus de moyens et plus de structures sportives, des stades, des gymnases ? "Ce qui est dommage, juge Véronique Jacquier, c’est que Jean-Michel Blanquer n’ait pas demandé leur avis aux élus locaux et n’ai pas non plus commandé une étude d’impact, car ces regroupements existent déjà sur le territoire. Toucher à l’école rurale aurait mérité un vrai débat".

"Sur ce sujet-là comme sur beaucoup d’autres, le gouvernement a fait les choses à l’envers, estime Cédric Szabo, directeur de l'Association des Maires Ruraux de France. S’il était sincère, il aurait mis cela sur la table. Il prétend faire cela dans l’intérêt de l'Éducation nationale, des enfants. Mais la seule motivation, c’est de réduire les dépenses publiques. Tout dépend à qui vous demandez de faire des économies. Le vrai sens de l’histoire est que il n’y a jamais eu autant d’élèves à scolariser en milieu rural, et jamais eu aussi peu d’écoles".


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