Face au manque de masques, les maires restent les rois de la débrouille

19 jours, c’est le temps qu’il reste aux mairies pour s'approvisionner en masques avant le fameux "11 mai". Ces dernières sont chargées par le gouvernement d'en distribuer à la population pour le déconfinement. Seulement, les maires se retrouvent esseulés et naviguent à vue. En attendant un geste du sommet de l'Etat.

"Aux masques citoyens". Le message semble passer au sein des communes qui, faute d'absence de masques, lancent elles-mêmes les grandes prégoratives. (AFP)
Les maires ne comptent désormais que sur eux-mêmes. On ne compte plus les initiatives des "élus les plus populaires de France" pour protéger leur population et innover face à cette épidémie inédite. Nice, par exemple, a commencé la distribution en porte-à-porte pour les personnes vulnérables. A Paris, ce sont les pharmacies qui s’en chargent. David Lisnard, maire de Cannes, a de son côté mobilisé 40 professionnels de couture et 500 bénévoles pour produire des masques. Mais dans les petites villes, l’approvisionnement et la distribution représentent un véritable casse-tête.

Il ne faudra pas compter sur les promesses pour le moment

 

Emmanuel Macron promettait "en lien avec les maires" de "permettre à chaque Français de se procurer un masque grand public". Sauf que les maires "n'ont aucune directive, aucune consigne, aucune note, aucun contact, rien" selon Julien Sanchez, maire de Beaucaire dans le Gard. Lequel poursuit en dénonçant le manque de clarté du gouvernement.
"On assurera la distribution mais il n'y a pas une commune où ce sera fait de la même façon, vous en avez qui les livrent dans les boîtes aux lettres, d'autres convient des personnes en mairie. On est livrés à nous-mêmes mais sans avoir les financements. On taille sur notre budget sans être sûr que l'Etat nous rembourse quoique ce soit" déplore J.Sanchez, maire de Beaucaire.

Les communes font front commun pour faire baisser les prix des commandes

 

La mairie de Beaucaire a dépensé 60 000 euros pour un peu plus de 20 000 masques, une somme énorme pour une ville de 16 000 habitants. De son côté, Frédéric Salle-Lagarde, maire de Moussac - un petit village d’Occitanie - a commandé 1800 masques pour 2000 euros. Une affaire dont le crédit est à accorder à la communauté de communes qui a su s'unir et faire pression.
"On est arrivés à grouper les commandes pour l'ensemble des 33 communes de la communauté de communes du pays d'Uzès. Il y a vraiment un effet de levier grâce à la communauté de communes qui nous a donné accès à des marchés qu'on aurait pas pu avoir en temps normal, du moins pas à ces prix-là"
En règle générale, les masques coûtent 3 euros/pièce, avec une TVA de 20 %. Christophe Bouillon, président de l’association des petites villes de France, demande une aide du gouvernement.
"On souhaite l'exonération de la TVA. Nous ne voulons pas une dépense qui pèse lourdement sur les budgets des collectivités qui sont déjà aujourd'hui très sollicitées"
L’objectif pour les mairies reste que les masques, lavables, soient distribués avant la fin du confinement. Le temps presse et les prérogatives, décidément, un peu moins.