Face à face très tendus entre pompiers et forces de l'ordre

7000 à 10.000 pompiers professionnels, selon les syndicats, dans les rues de Paris ce mardi: une manifestation pour dénoncer le manque d'effectifs et de reconnaissance d'une profession "livrée à-elle même" face à l'explosion des demandes de secours et d'assistance. Des incidents ont éclaté à la fin de la manifestation devant l'assemblée nationale et place de la Nation. Six personnes ont été interpellées pour "violences et jets de projectiles". Et trois force de l'ordre ont été blessées selon la préfecture de police.

(SEBASTIEN BOZON / AFP)

Reportage Sud Radio de Cyprien Pézeril

 

Camion lanceur d'eau, bombes lacrymogènes et grenades de désencerclement. Face à face tendu entre pompiers et forces de l'ordre. Résonnent des injures, "les p**** à Macron". Après une longue journée sans se faire entendre, ce soldat du feu craque face à un gendarme.

 

"J'espère que vous nous appellerez jamais ! Vos appartements, ils crameront !"

Tard dans la soirée, ils sont une cinquantaine de sapeurs-pompiers à tenter de bloquer la circulation sur un rond point. Tentative vaine. "On est sapeurs-pompiers, on se bat pour pouvoir continuer à faire correctement notre métier ! Les gendarmes nous rentrent dans la gueule. Bravo la gendarmerie. On vient défendre nos droits, demander la reconnaissance de la dangerosité de notre métier. Merci Castaner ! Merci la gendarmerie mobile !"

Jacques a endossé l'uniforme il y a cinq ans. Jamais il ne pensait être traité ainsi.

 

"Si entre services publics qui travaillent ensemble main dans la main au quotidien, on en arrive à se gazer et à se mettre sur la figure, c'est quand même triste. Pauvre France !"

 

"On faisait que marcher quand ils nous ont mis de la lacrymo et jeté de l'eau" - Jonathan est sapeur pompier depuis 23 ans. Il a eu l'impression d'être traité comme un bandit par les forces de l'ordre.

 

Des gilets jaunes pas les bienvenus

Première conséquence de la mobilisation : les représentants de la profession seront reçu le mois prochain au ministère de l'intérieur.

 

"Rentrez chez vous ! " - Les pompiers ont été rejoints en fin de manifestation par quelques gilets jaunes, voulaient rentrer en contact avec les forces de l'ordre... Mais qui n'étaient pas les bienvenus.