Exclusif Sud Radio: Le nombre d'apprentis augmente de 3% dans l'artisanat sur un an

Dans le secteur de l'artisanat, le nombre d'apprentis a augmenté d'environ % sur un an.

Edouard Philippe parle avec un étudiant lors d'une visite au CFA de Chasseneuil-sur-Bonnieure, près d'Angoulême. (GEORGES GOBET / AFP)

Sur les 250.000 apprentis artisans formés, 147.000 le sont en entreprise, et 90.000 en centres de formation des apprentis. L'objectif serait d'arriver à 100.000 formés en centres d'ici mai 2020. Des chiffres rendus possibles grâce à une montée en puissance des diplômes post bac.

 

Une voie qui a le vent en poupe

Sud Radio partenaire de la semaine de l'apprentissage. Qu'ils soient en CAP, bac pro, BTS ou master, les apprentis sont des jeunes (moins de 30 ans) qui alternent une formation théorique avec un travail en entreprise, et ils n'ont jamais été aussi nombreux à emprunter cette voie qui leur garantit de trouver un emploi. Ils étaient 458.000 fin juin 2019... Plus proches que jamais de la barre symbolique des 500.000. Le ministère doit d'ailleurs dévoiler de nouveaux chiffres ce matin.

Cynthia est en reconversion professionnelle - Reportage Sud Radio de Mathilde Jullien à Saint-Lambert à Paris qui forme aux métiers de l'économie de la construction

Penchée sur sa copie, Cynthia n'a plus que quelques secondes pour terminer son devoir. A 24 ans, elle est de retour sur les bancs de l'école. Après avoir travaillé dans le service à la personne et dans un supermarché, elle a opté pour une reconversion dans l'économie de la construction avec un apprentissage. "Je voulais pas être constamment en cours. Je voulais de l'expérience avant d'entrer dans le monde du travail, pour bien gagner ma vie". Dans ce centre de formation, les reconversions composent la majorité des apprentis, Eliette Coutherut, directrice, évoque des personnes "particulièrement motivées". Actuellement, 69 % des apprentis ont un emploi dans les sept mois qui suivent leur sortie de formation, un chiffre en progression constante ces dernières années.

"Nos apprentis, soit sont embauchés directement dans leur entreprise, soit sont très demandés. S'ils tiennent à rester dans ce métier, ils trouveront nécessairement un emploi" - Eliette Coutherut, directrice du CFA Saint Lambert à Paris, dédié aux métiers du bâtiment, l'un des plus vieux en France.

 

Apprentissage: Les régions dénoncent "les mensonges" de Muriel Pénicaud

© Agence France-Presse

Les régions dénoncent "les mensonges" de la ministre du Travail Muriel Pénicaud qui s'approprie, selon elles, les bons résultats sur l'apprentissage obtenus grâce à leur action.

"La croissance à deux chiffres dont se prévaut à longueur d'interviews Mme Pénicaud, ce sont les régions qui en sont à l'origine !", écrit Régions de France dans un communiqué, mardi.

"Les régions ont financé l'apprentissage à hauteur de 9 milliards d'euros sur les cinq dernières années, dont près d'un milliard d'investissement", poursuit l'association qui regroupe l'ensemble des régions françaises.

Un bras de fer oppose depuis deux ans les régions, qui souhaitaient garder leur compétence en matière d'apprentissage des jeunes, au gouvernement qui l'a confiée aux branches professionnelles par une loi d'août 2018.

Interrogée lundi dans le Parisien sur le bilan de l'année 2019, la ministre s'est réjouie que "tous les réseaux concernés voient leur nombre d'apprentis exploser".

Elle "ment sur la +forte hausse+ des formations de niveau CAP et bac pros grâce à sa réforme", martèle Régions de France, selon qui le nouveau dispositif "favorise plutôt l'apprentissage dans l'enseignement supérieur dont le financement devient plus attractif".

"Les +554 intentions de création d'un CFA+ dont se prévaut Mme Pénicaud se heurteront à la réalité du terrain, avec des fermetures ou des restructurations de très nombreux CFA" (Centres de formation des apprentis), notamment en zone rurale, poursuit Régions de France.

L'association affirme enfin que l'attitude de la ministre "plombe la confiance entre les régions et le gouvernement", au moment où s'engage la concertation entre l'Etat et les collectivités sur le projet de décentralisation.

Interrogé sur BFM Business, le président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) François Asselin, a lui jugé que la réforme mise en place par le gouvernement est "une bonne réforme".

"Mais là où les régions ont raison c'est qu'il faudra juger sur plusieurs exercices les résultats", a-t-il affirmé, renvoyant à fin 2020 tout en se félicitant des bons chiffres de 2019.