Événementiel : "Ce qui nous fait peur maintenant, ce n'est plus 2020 mais 2021"

Le secteur de l’événementiel est en grande souffrance. Traiteurs, organisateurs de congrès ou agences de communication : ce sont 140 métiers et toute une filière au bord du gouffre, avec jusqu’à 80% de chiffre d’affaires en moins depuis le confinement. Quasiment plus de congrès et de séminaires et des pertes de chiffre d’affaires entre 60 et 80%. Mardi 13 octobre, 300 professionnels ont manifesté à Marseille. Une chaîne humaine pour dire que malgré le virus, on peut encore organiser tout un tas de rassemblements et d’activités.

Sur le Vieux Port à Marseille : 300 professionnels de l'événementiel enchaînés les uns aux autres.

Reportage de Lionel Maillet pour Sud Radio

 

"On ne sait pas comment on va évoluer, s'il faut licencier ou pas"

Le carnet de commandes se vide à vue d’œil dans cette agence d’événementiel marseillaise, où les rares clients qui continuent d’appeler décommandent les uns après les autres. "Ils nous disent pour l'instant qu'ils vont annuler ou reporter".

60 à 80% de perte de chiffre d’affaires : la dernière fois que Mélody Bolle a organisé un séminaire, c’était une semaine avant le confinement. "Les donneurs d'ordres ont peur, ils sont frileux d'organiser des événements explique-t-elle. On ne sait pas comment on va évoluer, s'il faut licencier ou pas"

Chez l’agence de relations publiques Carocom, on a déjà tranché : 2 des 5 salariés sont à Pôle Emploi. "Ce qui nous fait peur maintenant, ce n'est plus 2020 mais 2021, surtout pour l'été prochain. On a des demandes mais on ne peut pas répondre ! Pour nos événements on peut tracer, savoir qui était présent. S'il y a un cas de cluster, ce sont des choses qu'on est complètement capables de faire à l'avenir".

 

"On peut organiser des événements en toute sécurité"

Dans ce métier, la confiance est le nerf de la guerre et pas facile de rassurer quand les règles sanitaires et les restrictions évoluent sans arrêt. Mais on sait s’adapter souhaite à tout prix à souligner Emmanuelle Emran Antoniotti, qui tient une société d’événementiel. "80% des événements organisés en France regroupent moins de 1.000 personnes et ceux-là ont le droit d'être organisés" rappelle-t-elle.

 

 

"Mon métier c'est de prévoir ce qui est imprévisible, depuis toujours ! souligne-t-elle. On peut se plier aux normes sanitaires et organiser des événements en toute sécurité, mais les gens ont peur. Si on n'a pas de commandes rapidement, il y aura énormément d'entreprises en grande difficulté".

En jeu, il y a la survie d’une filière qui emploie 335.000 personnes.

 

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