Eolien: Paris veut un développement progressif

Le déploiement de l'énergie éolienne en France, source de controverses récurrentes dans l'opinion, se fera à un rythme que la "société est prête à accepter", a assuré la nouvelle ministre de la Transition énergétique dans une interview à l'AFP.

Sameer Al-DOUMY - AFP/Archives

Le déploiement de l'énergie éolienne en France, source de controverses récurrentes dans l'opinion, se fera à un rythme que la "société est prête à accepter", a assuré la nouvelle ministre de la Transition énergétique dans une interview à l'AFP.

"Il ne faut pas se raconter des histoires en disant la société française est prête à déployer (l'éolien) deux fois, trois fois plus vite", a jugé Agnès Pannier-Runacher dans cet entretien réalisé jeudi à Berlin à l’occasion de son premier déplacement à l’étranger à Berlin pour une réunion des ministres de l'Energie et du Climat du G7.

"Nous devons continuer le déploiement au même rythme qu'aujourd'hui, c'est à dire un rythme qui correspond manifestement à ce que la société française est prête à accepter", a-t-elle ajouté.

L'installation d'éoliennes terrestres suscite de plus en plus d'opposition, freinant la mise en place de ces projets.

La ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher à Berlin, le 26 mai 2022

La ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher à Berlin, le 26 mai 2022

John MACDOUGALL - AFP

Pour cette raison, le président de la République Emmanuel Macron a revu à la baisse en février les ambitions de la France en matière de développement des éoliennes.

L'objectif du gouvernement est désormais de multiplier par deux la capacité actuelle en 30 ans, plutôt qu'en 10 ans comme prévu jusqu'alors.

L'écart avec l'Allemagne dans ce domaine devrait donc croître car Berlin a placé le développement des éoliennes parmi ses priorités. Le gouvernement s'est ainsi fixé objectif de consacrer jusqu'à 2% de son territoire à cette source d'énergie.

"Il n'y a pas un seul sentier de décarbonation", s'est défendue la ministre, soulignant par ailleurs la volonté du gouvernement de "développer l'éolien en mer et le solaire".

Mme Pannier-Runacher a toutefois défendu la nécessité d'une "simplification administrative" pour accélérer les projets d'éoliennes, qu'ils soient en mer ou sur terre.

"Le retard qu'on a sur le déploiement des énergies renouvelables est lié à des problèmes de procédures et des problèmes de contentieux", a-t-elle justifié.

En 2020, la France a accru ses capacités de production éoliennes de 8%, avec 1,3 gigawatt (GW) et 477 éoliennes supplémentaires, portant la totalité du parc à 18 GW, selon France énergie éolienne (FEE).

L'éolien a ainsi assuré 7,9% de la production électrique nationale (6,3% en 2019), ce qui en fait la 3e source derrière le nucléaire (environ 70%) et l'hydroélectricité.

 

AFP / Berlin (AFP) / © 2022 AFP