"En Italie, les médecins en sont à laver leurs masques parce qu'ils n'ont plus de masques"

Les hôpitaux italiens manquent de lits pour accueillir les malades du Covid-19, et les médecins manquent de maques, raconte Christel, une Française installée à Florence depuis 25 ans.

L'Italie reste en confinement jusqu'au 3 avril 2020 au moins. © AFP

Christel était l'invitée de Patrick Roger le 16 mars 2020 dans l’émission "C’est à la une" sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 8h10.

 

"Qu’est-ce que ça coûte de rester quinze jours chez soi pour sauver des personnes fragiles ?"

"On a complètement changé notre façon de vivre à Florence. On était dix au bureau, on n’est plus que deux. On a mis tous ceux qu’on a pu en quarantaine, ils travaillent à la maison. Les autres ont pris leurs vacances".

Les Italiens respectent-ils le confinement ? "Au début, quand on a annoncé le confinement à Milan, un certain nombre de gens sont partis dans le Sud. Les jeunes ont moins de chances de tomber malade certes, mais ils véhiculent le virus. C’est ça la question : qu’est-ce que ça coûte de rester quinze jours chez soi pour sauver des personnes âgées ou fragiles ? Mais maintenant, c’est différent : on a bien compris, et il n’y a plus personne dans la rue.

En Italie, le gouvernement a annoncé le confinement jusqu’au 3 avril. Mais je crois que cela durera plus longtemps. On a fermé les frontières, mais à mon avis on aurait dû le faire au niveau européen. L’Italie va à un moment rouvrir ses frontières, mais ce sera le tour de la France de fermer les siennes. Si on ferme l’Italie mais ouvre la France, cela ne sert à rien. C’est un peu ça, l’absurdité de la chose".

"La France doit anticiper le manque de lits dans les hôpitaux"

Christel nous relate aussi la triste réalité des hôpitaux italiens. "J’ai des amis médecins, et ils me racontent qu’ils en sont à laver leurs masques parce qu’ils n’ont plus de masques. C’est inadmissible. Les pouvoirs publics disent : 'on va vous en envoyer'. J’ai envie de dire : 'arrêtez de parler au futur, c’est maintenant qu’on en a besoin'. En plus, si on a le coronavirus et qu’on va à l’hôpital, il n’y a plus de lits. C’est cela que les Français doivent réaliser, il faut anticiper le problème".

"Avant, dans le journal, il y avait deux pages sur les décès. Ce matin, il y a 14 pages", ajoute Christel.

 

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