Dr Maurice Berger sur les violences gratuites : "Ils frappent parce que ça leur procure une jouissance"

Le docteur Maurice Berger, pédopsychiatre, psychanalyste, spécialisé dans la prise en charge des enfants et des adolescents violents, et auteur de "Sur la violence gratuite en France" (éditions L’Artilleur) était l’invité d’André Bercoff, mercredi 23 septembre, sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

Maurice Berger invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Après un été marqué par des drames particulièrement violents, le docteur Maurice Berger tente de trouver des pistes pour expliquer la multiplication des agressions, parfois mortelles.

Des systèmes de clans

Une montée de la violence due en particulier à "des clans avec une forte solidarité", note le psychanalyste qui observe "une emprise du patriarche sur ses membres". Mais le docteur rappelle la règle générale : "nous sommes des invités qui devons respecter les règles du pays qui nous accueille et nous devons lui apporter quelque chose". Un système "clanique mais ouvert", caractérise Maurice Berger.

Dans le cas contraire, il existe des "systèmes claniques fermés","il n'y a que les codes du clan qui en eux-mêmes abîment l'intelligence de leurs membres", remarque le pédopsychiatre qui les voit "tous penser pareil". Une étude portant sur un centre éducatif fermé montre que "60% de ces jeunes n'ont pas un niveau intellectuel qui leur permette de suivre une scolarité normale", rapporte-t-il, en recommandant "une pédagogie spécifique pour les récupérer".

Des violences aux motivations différentes

Pour le docteur Maurice Berger, les violences doivent être différenciées. "Il y a beaucoup de sortes de violences et le risque c'est de toutes les mettre dans le même sac", prévient-il. Des violences "à début immédiat, impulsives" qui se manifestent lors d'un mauvais regard ou après une cigarette refusée et est réalisée par un individu isolé. Deuxième type de violences claniques, les violences "groupales", motivées par un code de l'honneur, de la famille ou la défense d'un territoire.

Mais ce qui inquiète le plus le pédopsychiatre, c'est une sorte de violence qui peut être "individuelle ou groupale". "Ces sujets là ont du plaisir à frapper", s'indigne-t-il. "Ils ne frappent pas impulsivement, pour venger l'honneur ou surveiller un territoire. Ils frappent parce que ça leur procure une jouissance, et vont frapper jusqu'au bout", observe le docteur. "Ils sortent souvent avec un couteau sur eux, en considérant que c'est possible qu'ils s'en servent. Sommes-nous revenus au temps de la cote de maille ?", s'interroge Maurice Berger.

 

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