Professeur Luc Montagnier : "La théorie du marché aux poissons ne correspond pas exactement à la réalité des faits"

Le Professeur Luc Montagnier, chercheur indépendant, prix Nobel de médecine en 2008 pour avoir découvert le Sida, était l’invité d’André Bercoff, jeudi 30 avril sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

Le Professeur Luc Montagnier invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio. (Photo by STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Luc Montagnier avait provoqué une polémique, il y a quelques semaines, en évoquant ses doutes sur les origines du coronavirus. S'il est désormais un chercheur indépendant, le prix Nobel de médecine de 2008 persiste et signe au micro d'André Bercoff. Pour lui, l'hypothèse la plus probable est que ce virus se soit échappé accidentellement d'un laboratoire de Wuhan.

 

"Les premières personnes infectées n'étaient pas au marché"

Chercheur spécialisé dans les virus depuis "très très longtemps", Luc Montagnier a parfois été contesté mais s'est surtout distingué pour avoir fait partie du collège d'experts qui ont détecté le Sida. Alors forcément, en pleine pandémie, le Professeur s'est très rapidement intéressé au Covid-19. "C'est intéressant de savoir son origine parce qu'on peut en dériver des tests thérapeutiques nouveaux et savoir ce qui va se passer dans le futur de cette épidémie", explique-t-il.

La version officielle de l'apparition du coronavirus fait état d'un "marché aux poissons de la ville de Wuhan dans lequel des animaux porteurs de ce virus ont été achetés puis mangés", rappelle Luc Montagnier. "C'est une théorie qui ne correspond pas exactement à la réalité des faits", conteste-t-il. "Les premières personnes infectées n'étaient pas au marché, elles étaient plutôt proches d'un laboratoire pas très loin", précise le Professeur.

Des expériences depuis plus de dix ans

Dans ces laboratoires, des chercheurs chinois "ont travaillé depuis plus de dix ans, sur les coronavirus portés par des animaux, notamment des chauves-souris", rapporte le Professeur Montagnier, qui a étudié les rapports publiés régulièrement. Des expériences qui ont commencé à la suite de l'épidémie du SRAS, en 2003 en Asie. "Les chauves-souris seraient des porteurs sains et donc des porteurs de multiples virus", explique-t-il. Selon son hypothèse, "certains de ces chercheurs, ont tenté de voir les facteurs qui pourraient rendre ces chauves-souris dangereuses pour infecter l'homme". "Ils sont partis d'un modèle très proche mais qui n'était pas contagieux, ni pathogène pour l'homme car il manquait un récepteur", suppose le Professeur.

Une "hypothèse" pour Luc Montagnier qui espère qu'un jour "les chercheurs le diront eux-mêmes". Mais peu de chances pour le moment, "on est dans un tel climat, il y a tellement de morts que personne ne veut porter le très lourd chapeau", admet-il. Autre enjeu, l'un des laboratoires en question "est financé par les États-Unis, pour des sommes assez importantes". "C'est aussi un facteur pour expliquer que personne ne veut sortir la vérité", regrette Luc Montagnier.

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