Dominique Gombert : "Le surveillant pénitentiaire n’a qu’un sifflet et ses mains pour se défendre !"

Dominique Gombert, secrétaire général adjoint du SNP FO pénitentiaire, était l’invité d’André Bercoff mardi 26 mars sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états", pour évoquer l’état des prisons en France.

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Si le portique ne sonne pas, le surveillant n’a pas le droit de fouiller le visiteur

André Bercoff revient tout d'abord avec son invité sur l'attentat à la prison de Condé-sur-Sarthe. Pour rappel, le 5 mars, Michaël Chiolo, islamiste, avait agressé deux surveillants avec un couteau en céramique. L'assaillant purgeait une peine de 30 ans, il s'était radicalisé en prison, et il s'était retranché avec sa compagne près de dix heures dans l'unité de vie familiale de l'établissement. André Bercoff interroge donc son invité : "Comment l'arme a-t-elle pu entrer ?" Il demande aussi quelles sont les conditions d'accueil des proches pour ce genre de prisonnier. Et enfin, pourquoi on a l'impression que tout peut entrer et sortir d'une prison sans réel contrôle.

Dominique Gombert répond alors : "L'administration pénitentiaire est au courant actuellement, avec le matériel que nous avons au niveau des portiques, que les couteaux en céramiques ne sonnent pas." Or, selon le secrétaire général adjoint du SNP FO pénitentiaire : "Si le portique ne sonne pas, le surveillant n’a pas le droit de fouiller le visiteur". Il n'y a, au final, aucune fouille systématique des visiteurs.

110 agressions recensées depuis début 2019

Concernant l'unité de vie familiale, il est important de savoir qu'elle permet aux détenus de pouvoir recevoir leurs proches. Et Dominique Gombert de préciser qu'une commission tranche quant à ces visites familiales : "Au début, on laisse dix heures, après c'est 24 heures et ça peut aller jusqu'à trois jours".

Enfin, André Bercoff prend des nouvelles de deux surveillants agressés. "Ils vont soigner leurs plaies, mais leurs plaies les plus graves seront psychologiques. Malheureusement, ce genre d'agressions sont quotidiennes chez nous. 110 agressions ont déjà été recensées sur du personnel depuis le début 2019", explique Dominique Gombert. Et de conclure : "Le surveillant pénitentiaire n’a qu’un sifflet et ses mains pour se défendre ! Aucune arme n'est disponible !" Des gilets par lames sont prévus, mais les surveillants réclament un équipement approprié comme des bombes avec du poivre pour, au moins, pouvoir se dégager.