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Des policiers municipaux en mal de reconnaissance dans la rue partout en France

De Lille à Marseille, des centaines de policiers municipaux se sont fait entendre samedi à coup de sifflets lors de rassemblements partout en France, pour réclamer une meilleure reconnaissance et ne plus être considérés comme "une sous-police".

Thibaud MORITZ - AFP

De Lille à Marseille, des centaines de policiers municipaux se sont fait entendre samedi à coup de sifflets lors de rassemblements partout en France, pour réclamer une meilleure reconnaissance et ne plus être considérés comme "une sous-police".

Katia Boudin, 45 ans, policière à Salon-de-Provence, était dans le rassemblement de Marseille "pour avoir une reconnaissance, au même titre que les pompiers ou la police nationale": "Car on va au contact de la population et on prend les mêmes risques", a-t-elle expliqué à l'AFP.

"Depuis 1999, on n'a pas connu de changement de statut et on voit la secrétaire de mairie passer en catégorie B quand nous on est toujours en C", a-t-elle précisé, parmi les quelque 500 manifestants recensés par la préfecture de police.

Des policiers municipaux manifestent pour réclamer une meilleure reconnaissance et ne plus être considérés comme "une sous-police", le 3 févier 2024 à Bordeaux

Thibaud MORITZ - AFP

A Paris, ils étaient 400, selon la préfecture de police, à marcher de la place de la République à l'Hôtel de ville. Beaucoup portaient des gilets jaunes "police municipale" parfois barrés de l’inscription "en grève" ou "en colère".

"Montrez votre colère", encourageait au microphone un des représentants de l'intersyndicale : "Ce n'est pas normal qu'en 2024 la police municipale soit considérée comme une sous-police".

"Nous réclamons un statut pour les policiers municipaux, avec une retraite digne de ce nom, mais aussi un véritable statut pour les ASVP (NDLR: agent de surveillance de la voie publique)", réclamait de son côté Bertrand Debeaux, représentant FO PM national depuis Lyon, où une centaine d'agents étaient réunis.

Des policiers municipaux manifestent pour réclamer une meilleure reconnaissance, le 3 févier 2024 à Paris

Des policiers municipaux manifestent pour réclamer une meilleure reconnaissance, le 3 févier 2024 à Paris

Thomas SAMSON - AFP

"On est souvent les primo-intervenants. A Nice, le policier qui a mis fin à la tuerie (NDLR: à la basilique Notre Dame de l'Assomption, où le 29 octobre 2020 un ressortissant tunisien sans papier avait poignardé trois personnes), c'est un policier municipal qui était armé", a rappelé Jérôme Cellier, membre du bureau de l'association départementale des policiers municipaux de Gironde à Bordeaux (200 policiers mobilisés).

"Ce qui a mis le feu aux poudres, ce sont les annonces d'Elisabeth Borne (ex-Première ministre) après les émeutes de l'été dernier: elle a parlé d'élargir les compétences et les prérogatives des policiers municipaux, mais sans que cela s'accompagne d'une reconnaissance supplémentaire", analysait Thiebault Parré, 46 ans, dont la moitié en police municipale, présent dans le rassemblement à Strasbourg parmi quelque 160 agents.

Des policiers municipaux manifestent pour réclamer une meilleure reconnaissance, le 3 févier 2024 à Paris

Des policiers municipaux manifestent pour réclamer une meilleure reconnaissance, le 3 févier 2024 à Paris

Thomas SAMSON - AFP

"Nous sommes les forces de l'ordre qui restent au plus bas des grilles pour la retraite", poursuivait Anne-Claire Cagninacci, 51 ans, policière à Vandœuvre-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle).

"On attend avec impatience le rendez-vous au ministère du 13 février" et si "rien ne se débloque, il va y avoir des mouvements de grève qui vont être suivis, parce que ça fait plus de 20 ans qu’on attend ces négociations", prévenait Nicolas Romero à Toulouse, où ils étaient 150 selon la préfecture, entre 200 et 300 selon FO.

A Lille, le rassemblement a réuni 150 personnes avec des pancartes demandant par exemple "stop au mépris". Leurs sifflets stridents ont couvert les prises de parole d’un autre rassemblement organisé devant la préfecture du Nord, en hommage à un bébé décédé d'une intoxication au monoxyde de carbone, suscitant quelques tensions.

Enfin, à Rennes, ils étaient 120 selon la préfecture, et une quarantaine à Orléans.

burs-san/ol/hj

AFP / Marseille (AFP) / © 2024 AFP

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