Des petits-déjeuners gratuits dans certaines cantines scolaires

Philippe Saurel, maire divers-gauche de Montpellier, était "L’invité de l’actu" dans la matinale de Sud Radio du 8 avril animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger. Il revient sur la gratuité des petits-déjeuners dans certaines cantines d'ici une dizaine de jours. 

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Cantines à un euro : "c'est une prise de conscience du gouvernement sur la réalité du pays"

Les petits-déjeuners seront gratuits dans certaines cantines scolaires d’ici dix jours et dans certaines cantines rurales, les repas seront facturés un euro. Montpellier fait partie des académies volontaires pour tester les petits-déjeuners gratuits. Pour Philippe Saurel, maire divers-gauche de Montpellier, "l'idée de donner aux enfants des petits-déjeuners dans les quartiers prioritaires notamment, et de rabattre à des tarifs acceptables dans les quartiers les plus pauvres la cantine scolaire, est une bonne idée, une belle intention, en tout cas une prise de conscience du gouvernement sur la réalité du pays.

J'y suis complètement favorable et à Montpellier, nous avons depuis longtemps appliqué des tarifs sociaux : 70% des enfants mangent à la cantine pour moins de deux euros. Ça représente 16.000 repas par jour. Si on voulait ramener de 1,75 euro à un euro voire moins le tarif de la cantine, il faudrait que nous comptions sur des aides de l'État et actuellement, les modalités des mises en pratique de cette mesure ne sont pas tout à fait définies".

"Il ne faudrait pas que l'État se décharge peu à peu sur les collectivités d'un devoir régalien qui est la santé des populations"

Qui va payer derrière, puisqu'un repas revient en moyenne à 4,50 euros ? "Ce qui est important, c'est qu'il y ait une véritable conscience de l'État de la population, qui est souvent très pauvre, y compris dans les grands quartiers des villes. Sur les modalités de mise en pratique de la mesure, il y a beaucoup de questions, il ne faudrait pas que l'État se décharge peu à peu sur les collectivités d'un devoir régalien qui est la santé des populationsSi on voulait ramener les repas à un euro voire moins, ça coûterait beaucoup d'argent à la commune. Dans une République sociale, il y a une forme de clé de répartition qui fait que ceux qui ont le plus d'argent aident ceux qui en ont le moins.

Si le prix de la cantine est fortement diminué, ça incitera beaucoup d'enfants à manger à la cantine et la production des repas, qui vient des cuisines centrales scolaires, risque de dépasser les capacités de production de l'outil même. Quand nous avons mis en place la tarification sociale à Montpellier, nous avons été contraints de construire six restaurants scolaires supplémentaires et sommes obligés de reconstruire la cuisine centrale. Ça a des incidences très importantes sur le coût que représente la production des repas".

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Retrouvez "L’invité de l’actu" du lundi au vendredi à 8h10 sur Sud Radio dans la matinale de Cécile de Ménibus et Patrick Roger.
 

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