Des parlementaires mettent en doute la dangerosité du glyphosate

Le glyphosate est-il dangereux pour la santé? Classé "cancérigène probable" par l'OMS depuis 2015, cet herbicide contenu dans le Round Up, le  produit phare du géant  Monsanto, a fait l'objet de plusieurs études qui ont prouvé ses effets nocifs sur la santé et la biodiversité... Mais un nouveau rapport vient contredire ces affirmations. Selon une trentaine de parlementaires, députés et sénateurs de toutes tendances politiques, rien ne prouve formellement que le glyphosate soit dangereux ou cancérigène. Ils s'apprêtent à rendre un rapport d'information au Sénat jeudi prochain.

 

Reportage Sud Radio de Mathilde Jullien

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A l'origine de cette mission, une demande de la commission des affaires économiques et du développement durable.

"Pourquoi une telle névrose?"

Pierre Médevielle, sénateur de Haute-Garonne a été missionné pour faire un contrôle des systèmes d'évaluations, ceux qui ont conduit à faire classer le glyphosate comme cancérogène. Selon lui, la science est passé au second plan, face à la "l'hystérisation du débat" autour du glyphosate: "Pourquoi une telle névrose? Il n'y a pas une seule étude qui prouve la cancérogénéité de cette molécule ! A un moment, il faudra retrouver lucidité et sérénité, et se pencher avec un peu plus de pragmatisme sur le problème."

"L'hystérie collective autour de ce produit n'est pas justifiée. Le tabac, l'alcool, les salaisons sont beaucoup plus toxiques" - Pierre Médevielle, sénateur de Haute-Garonne

 

 

"Nous avons tous du glyphosate dans nos urines !"

En Ariège, une association, les Faucheurs Volontaires, a procédé a environ 2000 analyses d'urines sur des citoyens volontaires. Annick Bossu, professeur en sciences naturelles retraitée à participé à ces campagnes contre tous les pesticides: "les effets du glyphosate sont tératogènes, c'est à dire sur l'embryon en formation pendant la grossesse, il n'y a pas de doute à avoir. Il y a des études françaises qui ont montré que, chez les animaux, il y avait des tumeurs. Nous avons tous du glyphosate dans nos urines ! Nous devrions en avoir zéro..." Cette enquête parlementaire devrait donc relancer la polémique, à peine une semaine après  le rapport alarmant de l'ONU sur la biodiversité. Un constat sans appel qui a poussé Emmanuel Macron à se prononcer en faveur d'un changement profond de nos modes de production.