Des manifestants massés à Paris: "Macron, ton pass, on n'en veut pas"

Quelques centaines de manifestants ont scandé "Macron, ton pass, on n'en veut pas", jeudi à Paris, pour protester contre la décision du Conseil constitutionnel de valider une extension du pass sanitaire ainsi que la vaccination obligatoire pour les soignants.

STEPHANE DE SAKUTIN - AFP

Quelques centaines de manifestants ont scandé "Macron, ton pass, on n'en veut pas", jeudi à Paris, pour protester contre la décision du Conseil constitutionnel de valider une extension du pass sanitaire ainsi que la vaccination obligatoire pour les soignants.

Ils scandaient "Liberté, liberté" face aux nombreux CRS déployés devant le Palais-Royal, qui abrite le Conseil d'Etat et le Conseil constitutionnel. Sur des pancartes, on pouvait lire: "Pass de la honte", "boycott total" ou "refusez d'être cobaye".

Vers 20H30, une partie des manifestants ayant quitté les lieux, ils n'étaient plus qu'environ 200 sur la place du Palais-Royal, une dizaine de camions de CRS étant garés aux abords.

"Ce n'est pas normal que neuf personnes (du Conseil constitutionnel) décident de nos libertés", a protesté Nejeh Ben Farhat, 42 ans, "gilet jaune" se présentant comme un des organisateurs du rassemblement. "Les personnes en CDD ou en intérim (non vaccinées et sans pass, ndlr) ne pourront peut-être pas être virées mais elles seront suspendues sans solde", a critiqué ce technicien télécom pour qui "il va y avoir deux populations": "une favorisée avec des privilèges et nous qui ne pourrons plus aller au cinéma, au café, chercher du travail".

Parmi les manifestants figuraient aussi Jérôme Rodrigues, figure du mouvement des gilets jaunes, éborgné en 2019 par un tir de grenade lors d’une manifestation.

Mesure emblématique et controversée du projet de loi visant à contrer la flambée de l'épidémie de Covid-19, le pass sanitaire (vaccination totale, test Covid-19 négatif ou certificat de rétablissement) va être étendu, a priori dès lundi, aux cafés, restaurants, avions, trains, autocars pour les longs trajets, foires, séminaires et aux salons professionnels.

Des centaines de manifestants protestent devant le Conseil d’Etat à Paris le 5 août 2021 contre la décision du Conseil constitutionnel de valider l'extension du pass sanitaire

Des centaines de manifestants protestent devant le Conseil d’Etat à Paris le 5 août 2021 contre la décision du Conseil constitutionnel de valider l'extension du pass sanitaire

STEPHANE DE SAKUTIN - AFP

Frédérique Baron, femme au foyer, a assuré à l'AFP-TV: "Je ne suis pas contre la vaccination, j'ai d'ailleurs tous mes vaccins, mes enfants ont tous leurs vaccins, ce sont des vaccins sûrs, qui ont fait leurs preuves, ça fait des années qu'ils sont sur le marché, par contre ce vaccin-là qu'on nous a sorti, (...) on n'a que six mois de recul, donc moi, je ne peux pas encore me décider à le faire".

"Montrer ma carte d'identité pour aller boire un café, c'est pas possible. J'ai envie d'être libre comme avant mais je crois que comme avant, c'est plus possible", a ajouté cette manifestante d'une quarantaine d'années.

Certains manifestants, ayant attendu toute la journée la décision des Sages, avaient accueilli par des huées la validation de l'essentiel de la loi sur le pass sanitaire. "Fabius en prison !", criaient-ils, à l'attention du président du Conseil constitutionnel.

Marie José Libeiro, 48 ans, refusant de dire quel métier elle exerce à Paris, a déclaré à l'AFP: "Pour moi, tout ça porte atteinte aux libertés fondamentales et à la liberté d'aller et venir. La liberté, c'est d'avoir le choix de se faire vacciner ou non". "On est en train de basculer dans un Etat autoritaire", a ajouté cette manifestante, rejetant aussi le dispositif comme "quelque chose qui oppose les gens, les uns contre les autres".

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