Des brigades Covid à Marseille pour aider les restaurateurs à respecter le protocole sanitaire

La mairie de Marseille garde le même cap : privilégier la pédagogie et l'accompagnement à la contravention et un style directif, "jacobin". Cette fois, la nouvelle innovation n'est autre qu'une brigade de quatorze agents destinés à faire respecter le protocole : port du masque, distanciation et registre des clients pour un meilleur traçage.

Cette brigade est relativement bien appréciée des restaurateurs mais les effectifs sont encore légers : seulement 14 agents. (Photo de Clément Mahoudeau / AFP)

Un reportage de Lionel Maillet pour Sud Radio.

 

C’est une initiative unique en France. La mairie de Marseille est aux côtés des restaurateurs et commerçants pour les aider à appliquer au mieux les normes sanitaires. Port du masque, distanciation, cahier de rappel, depuis le début de la semaine, des brigades de prévention Covid sillonnent la ville pour rappeler toutes ces mesures.

L’idée est surtout  de faire de la pédagogie même si ces brigades, essentiellement composées de policiers municipaux, ont la capacité de verbaliser. Et celles-ci ont du pain sur la planche. Sur les 220 restaurants contrôlés, 80 font l’objet d’un rappel à l’ordre. Yannick Ohanessian, adjoint à la sécurité de la ville de Marseille, tient à rappeler les bases du protocole sanitaire.

« Il y a encore des mesures qui ne sont pas respectées, surtout le fameux cahier d'émargement nécessaire aujourd'hui pour assurer ensuite le traçage des cas Covid. Le port du masque, on sait que c'est difficile, dans ces métiers, ils sont souvent dans l'urgence, à courir de tous les côtés, mais c'est indispensable aujourd'hui. Nous ne cesserons de le rappeler : le masque, c'est sur le nez, et pas sous le nez. Ce n'est pas pour enquiquiner, c'est juste pour que chacun ait bien confiance de ce qui est devant nous. »

À peine arrivé dans ce restaurant de la place Castellane, il y a tout de suite quelque chose qui saute aux yeux. Le protocole évoque quatorze mesures sanitaires à respecter. Pourtant, même en respectant toutes les règles, cette restauratrice a perdu la moitié de sa clientèle.

"Les gens ont peur donc toutes les personnes âgées, fragilisées, qui venaient manger avant, maintenant, elles ne viennent plus".

De son côté, Grégory Moussone attend aussi et surtout une aide financière de la mairie.

"C'est le seul point sur lequel la ville peut jouer : les droits de terrasse. Je paie presque 25 000 euros par an pour les deux terrasses. Aujourd'hui, on a eu trois mois d'exonération en mars, un mois en octobre, mais là on demande une exonération à l'année".

Seulement quatorze agents pour venir en aide aux restaurateurs de la deuxième ville de France, ce n’est même pas un brigadier par arrondissement. De fait, la mairie pourrait renforcer les effectifs après un premier bilan qui sera fait dans un mois.