éditorial

L'édito de Natacha Polony

Natacha Polony ©Anthony Ghnassia
Société

Début du Ramadan et première polémique sur les 300 imams venus de l’étranger

Grande Mosquée de Paris (©Ludovic Marin - AFP)

Une polémique a surgi autour de la venue en France de 300 imams, principalement algériens et tunisiens, pour le Ramadan.

C’est Jeannette Bougrab qui a soulevé le problème, reprise ensuite par Manuel Valls. Pendant le Ramadan, les mosquées organisent des récitations du Coran, le texte étant psalmodié en langue arabe. C’est la période où même les musulmans peu pratiquants participent au culte, donc le besoin est beaucoup plus important qu’en temps normal. Ça fait donc des années que l’Algérie et le Maroc envoient des centaines d’imams en France pendant le ramadan, en accord avec le ministère de l’Intérieur, qui fournit des visas d’un mois à ces hommes en général fonctionnaires de leur pays et dont le pedigree est contrôlé. Rares sont les cas de refus pour radicalisme. En tout cas, le ministre de l’Intérieur puis Premier ministre de François Hollande, à savoir Manuel Valls, n’a jamais rien trouvé à redire.

Évidemment, Manuel Valls est le plus mal placé pour donner des leçons. Mais derrière cet émoi, il y a une question qui, elle, est tout à fait légitime : est-il normal que la France soit à ce point dépendante des pays du Maghreb pour faire vivre le culte musulman ? Le problème, ce ne sont pas ces imams venus à titre exceptionnel. Bien sûr, on se doute que le contrôle opéré est léger et qu’il faudrait vraiment qu’ils soient des intégristes affichés pour être refusés. Mais ils ne viennent que pour psalmodier le texte sacré dans une langue que la plupart des fidèles français de comprennent pas. Le véritable sujet, ce sont ces imams étrangers qui prêchent quotidiennement dans les mosquées françaises.

À Marseille, un imam de nationalité algérienne expliquait tranquillement que les juifs sont frères des singes et des porcs et qu’il faut détruire les mécréants. Au nom de quoi les musulmans français devraient-ils accepter que leur religion soit portée par des étrangers totalement archaïques ? Sauf qu’on n’a pas entendu les représentants du culte musulman, le CFCM ou M. Boubakeur, réclamer que cet imam soit renvoyé chez lui. Et on a même entendu des bonnes âmes expliquer qu’il ne posait aucun problème parce qu’il était pacifique. Alors que le Président doit s’exprimer bientôt, il faut organiser la formation des imams en France, mais il faut surtout que les musulmans de France dégagent sans complaisance les obscurantistes, qu’ils refusent le chantage de radicaux : toute critique est islamophobe, vous devez être solidaires des obscurantistes sinon vous trahissez. Pour l’instant, c’est la peur qui gagne.

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