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Darmanin veut dissoudre le GUD, qu'il accuse d'être "ami" de "gens" du RN

Gérald Darmanin a annoncé mercredi qu'il allait "proposer au président de la République" la dissolution du GUD (Groupe union défense), un syndicat étudiant d'ultradroite connu pour ses actions violentes, très actif dans les années 1970 et récemment réactivé.

JULIEN DE ROSA - AFP/Archives

Gérald Darmanin a annoncé mercredi qu'il allait "proposer au président de la République" la dissolution du GUD (Groupe union défense), un syndicat étudiant d'ultradroite connu pour ses actions violentes, très actif dans les années 1970 et récemment réactivé.

"C'est un groupe très ami avec beaucoup de gens du Rassemblement national (...) Ce sont des gens qui pensent qu'il y a une suprématie blanche, qui portent des propos antisémites extrêmement graves", a précisé le ministre de l'Intérieur sur BFMTV, ajoutant travailler sur ce dossier depuis "neuf mois".

"Je n'ai pas attendu cette élection législative", a-t-il poursuivi. Selon une source proche du dossier, la procédure de contradictoire a été engagée.

En déplacement au salon de défense Eurosatory, le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a lui aussi assuré qu'il dissoudrait "toutes les organisations d'ultragauche et d'ultradroite" s'il devait arriver au pouvoir, y compris le GUD.

"Si demain je suis à la tête du pays, je n'aurai aucune forme de tolérance à l'égard de ceux qui se livrent à de la violence dans notre pays", a-t-il lancé, estimant que le ministre de l'Intérieur "devrait, au regard du bilan qui est le sien, être appelé à un peu plus d'humilité et commencer à faire ses cartons".

- Rat noir -

Le syndicat étudiant, "marque" historique de l'extrême droite française née en 1968 à l'université parisienne d'Assas, est reconnaissable à son emblème du rat noir belliqueux et ses drapeaux noirs marqués de la croix celtique.

Jamais dissous mais en sommeil depuis 2017, le GUD avait annoncé son retour fin 2022.

"Ils sont prêts à tout pour essayer de ralentir l'avancée du RN en annonçant la dissolution du GUD. Cette manoeuvre montre vraiment le désespoir de ce gouvernement", a réagi sur X Logan Djian, ex-dirigeant du GUD, condamné en 2022 à cinq ans de prison dont deux ferme pour la violente agression d'un ancien responsable du syndicat d'extrême droite.

Connu pour ses actions violentes, le GUD revient régulièrement sous les feux de l'actualité.

Loïk Le Priol, ancien "gudard", est ainsi le principal suspect dans le meurtre en mars 2021 de l'ex-international de rugby argentin Federico Martin Aramburu.

La semaine dernière, quatre militants d'ultradroite ont été condamnés pour leur participation à une agression homophobe à Paris alors qu'ils "fêtaient" la victoire du RN aux élections européennes.

Parmi eux se trouvait Gabriel Loustau, 23 ans, une figure du GUD et fils d'Axel Loustau, ancien militant de cette organisation étudiante, ex-élu RN et autrefois proche de Marine Le Pen. Frédéric Châtillon, ex-président du GUD, est également un ami de longue date de Mme Le Pen.

Des groupuscules - dissous depuis - tels le Bastion social (2017-2019) ou les Zouaves Paris (2018-2022), ont été créés par des militants du GUD.

Parmi eux, Marc de Caqueray-Valmenier, chef présumé des Zouaves, condamné et incarcéré à plusieurs reprises ces dernières années.

- "Intimidation" -

"La lutte contre l’extrême droite, ses méfaits et ses idées ne saurait naturellement se résumer à la dissolution de ces groupes dont on sait qu’ils ont tendance à se reconstituer rapidement sous une forme ou sous une autre. Lutter contre l’extrême droite, c’est aussi lutter contre les idées qui sont celles de ce camp politique", a réagi Dominique Sopo, président de SOS Racisme dans un communiqué.

Plusieurs groupuscules d'ultradroite ont été dissous ces derniers mois par le gouvernement.

Dernier en date, l'association d'ultradroite lilloise La Citadelle, qui s'était vu interdire l'organisation d'une soirée intitulée "Qu'ils retournent en Afrique" en février 2023, a été dissoute en février en Conseil des ministres.

Le ministère de l'Intérieur a engagé début mai la dissolution du groupuscule d’ultradroite lyonnais Les Remparts, ainsi que de deux associations gérant un bar et une salle de sports fréquentés par ses militants. Mais le décret, qui doit être adopté en Conseil des ministres, se fait attendre.

Mercredi matin, le maire écologiste Grégory Doucet qui, comme de nombreux élus de toutes étiquettes réclame depuis longtemps cette mesure, a appelé le gouvernement à ne plus tarder.

"Il est temps de mettre fin aux agissements des +Remparts+", écrit-il sur le réseau social X, en déplorant les actes d'"intimidation", "menaces racistes" et "passages à l'acte violents" qui se répètent dans sa ville.

alh-aco-chp-arz-pab/mat/tes

Par Alexandre HIELARD, Arthur CONNAN / Paris (AFP) / © 2024 AFP

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