Daniel Sibony : "On doit se demander ce que révèle cette épidémie"

Daniel Sibony, philosophe, écrivain et psychanalyste, auteur de “Un amour radical - Croyance et identité” (éditions Odile Jacob), était l’invité d’André Bercoff lundi 23 mars sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

Daniel Sibony invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio. AFP PHOTO/PIERRE ANDRIEU.

Alors que le pic de l'épidémie du coronavirus n'est pas encore arrivé, les premiers enseignements de cette crise sanitaire peuvent déjà être tirés. L'objectif : comprendre les dessous de cette épidémie.

 

Un système mondial à remettre en cause ?

C'est en quelque sorte ce que souhaite faire Daniel Sibony, au micro d'André Bercoff, qui bien "qu'il y ait toujours eu des épidémies au fil de l'Histoire, celle-ci se présente de façon unique", note-t-il. Notamment par cette particularité, "pour la première fois, on a cette dimension planétaire", estime le psychanalyste. Par sa profession, Daniel Sibony encourage alors à se demander "comme dans un accident, ce que révèle cet événement". 

Dans un premier temps "cette épidémie vient acter l'insuffisance du personnel, l'imprévision, la fermeture, le manque de moyen dans les hôpitaux publics", souligne le psychanalyste qui invite à se questionner "sur pourquoi on en arrive là". Et notamment, sur la globalisation, "du fait que c'est planétaire". S'il ne la remet "pas forcément en cause, il questionne sur ce qu'on fait passer sous son nom comme si c'est une entité intouchable". 

Tributaires de la Chine ?

Pour Daniel Sibony, ce confinement "n'est pas dramatique en soit", mais s'inquiète sur "la dévastation de la vie économique et sociale". "C'est le symbole du fait que tous les produits viennent de Chine. On est tous tributaires, de la chaussette au smartphone, de la Chine", insiste-t-il. Alors le psychanalyste questionne : "est-ce le destin du monde d'être à ce point dépendant de la Chine ?".

Des questions, Daniel Sibony en a "des dizaines dans la tête". Et si "la moitié des 750 milliards débloqués par la BCE pour limiter les dégâts, avait été utilisée pour soutenir les productions ici et nous autonomiser, il y aurait une contamination plus douce, plus raisonnable", estime-t-il. "On est en train de tirer la langue pour que nos amis Chinois veuillent bien émettre un comprimé. C'est très étrange", juge l'écrivain.

 

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