Covid-19 : Faut-il déjà une troisième dose de vaccin ?

Pensez-vous qu’une troisième dose soit nécessaire, prématurée ou exagérée ? Jean-François Saluzzo, virologue, Loïc Prud’homme, député LFI de la 3e circonscription de Gironde, et Frédéric Bizard, député de Gironde et économiste de la santé, étaient les invités du débat du jour le 4 août, à 9h10 sur Sud Radio.

Un homme se fait vacciner contre le Covid-19 le 30 juillet 2021 à Lille (Denis Charlet - AFP)

"Une immunité sur le long terme, pour cinq à dix ans"

Une troisième dose de vaccin contre le Covid-19, est-ce nécessaire, prématuré, exagéré ? "Le terme exact serait une dose de rappel, précise  Jean-François Saluzzo, virologue. Les vaccins inertes nécessitent une primo vaccination à deux doses, plus un rappel un an après. C’est le cas des vaccins ARN, donc ils passeront certainement par ce schéma de vaccination, avec deux doses et un rappel un an après."

"Évidemment, faire un rappel à six mois, hors cas particulier, c’est tout-à-fait inutile, précise le virologue. Il faudra bien attendre le résultat. Quand on aura fait ce rappel, c’est différent de la grippe : on n’est pas là pour faire une vaccination annuelle. On peut espérer qu’après un rappel au bout d’un an, on ait une immunité sur le long terme, pour cinq à dix ans."

"Que le monde entier ait accès à une vaccination massive et complète"

Pour Loïc Prud’homme, député LFI de la 3e circonscription de Gironde, "on sait que la lutte contre la pandémie est mondiale. Aujourd’hui, dans le monde, 28,6% de la population a eu une première dose, 14,8% seulement est complètement vaccinée, et seulement 1,1% dans les pays les plus démunis. Avant de parler de troisième dose, il faudrait permettre que le monde entier ait accès à une vaccination massive et complète, et on en est encore loin."

"La levée des brevets sur les vaccins n’a pas été acceptée, rappelle le député LFI. L’Inde et l’Afrique du Sud l’ont demandé en novembre 2020 auprès de l’OMC et cela a été refusé. La France a eu un double discours. Le président disait être pour au mois de mai et a voté contre. On a une dichotomie entre l’avis de l’OMS sur la troisième dose et celui de l’OMC. En France, ce qui me pose problème dans le Pass sanitaire est que nous avons encore 5 millions de Français vulnérables qui ne sont pas vaccinés, il faut aller les chercher, les convaincre. Il faut absolument les cibler, dans une urgence absolue. On a un souci sur la politique, la stratégie sanitaire mise en place, est, selon moi, défaillante. Je rappelle qu’en avril, on nous disait que jamais le variant Delta n’arriverait en France."

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