Couvre-feu avancé à Marseille - "18 heures, c'est la catastrophe" pour les commerçants

Comme dans 22 autres départements, les Bouches-du-Rhône sont donc sous couvre-feu dès 18 heures. Une décision qui a du mal à être comprise par la population, et que les commerçants dénoncent, craignant très probablement "une perte de chiffre d'affaires de 10 à 20 % pour toute l'économie".

Ce sont des images quasi-lunaires : la Canebière, habituellement bondée, fait place vide dès 18 heures, et ce depuis dimanche soir. (Photo de Nicolas Tucat / AFP)

Un reportage de Lionel Maillet à Marseille pour Sud Radio, mis en forme par Augustin Moriaux.

La deuxième ville de France n’y a pas échappé : Marseille et les Bouches-du-Rhône subissent un couvre-feu avancé à 18 heures depuis hier soir. Une mesure que ne comprennent pas de nombreux élus à l’image de Renaud Muselier, président de la région. De leur côté, les autorités ont notamment justifié cette décision par la découverte d’un cluster familial du variant britannique à Marseille.

"Toute l'économie" phocéenne en danger

Très pénalisant aussi pour l’économie du plus grand port de France car avancer le couvre-feu de deux heures va encore impacter l’économie locale, déplore Luc Mengual de la Confédération des petites et moyennes entreprises des Bouches-du-Rhône.

"On va perdre entre 10 à 20 % de chiffre d'affaires dans les commerces. Mais qui dit 10 à 20 % de moins pour les commerces dit aussi 10 à 20 % de chiffre en moins pour les fournisseurs, chez les transporteurs, pour toute l'économie."

 

Fermer deux heures plus tôt, c’est encore du chiffre d’affaire en moins pour ce tabac sur la Canebière.

"Actuellement, c'est très compliqué. 18 heures, c'est la catastrophe. Parce qu'il faut aussi savoir que nous allons fermer bien avant cet horaire, le temps de faire la caisse, du rangement, etc. De toute façon, ça ne tient pas debout cette histoire".

 

Citoyens, élus et président de la Chambre de Commerce s'inquiètent des conséquences d'un couvre-feu avancé

Et c’est le sentiment général ici dans les rues de Marseille où personne ou presque ne comprend l’intérêt de ce couvre feu avancé. "Je trouve que ça ne sert à rien, qu'on en a marre, on a envie d'être en liberté, envie de vivre. Quelle va être la prochaine étape ? On n'a plus de loisirs, on n'a plus rien. Donc le week-end, on va tous être au supermarché, agglutinés ? C'est ridicule."

La stratégie n’est pas bonne, poursuit Jean Luc Chauvin qui préside la chambre de commerce d'Aix-Marseille Provence. Pour lui, il n’y a qu’une seule solution : "la vaccination. Parce qu'à la fin de la maladie, si plus personne n'est en vie économiquement, si plus personne n'a d'emploi, il n'y aura plus d'entreprise donc plus d'emploi donc on sera tous morts économiquement." Un cercle vicieux donc, que l’union des maires des Bouches-du-Rhône souhaite également éviter à tout prix en expliquant qu'on a besoin de vaccins, pas de couvre feu.