Coronavirus : "Nous, on est en guerre, mais sans aucun fusil !"

Bérengère Tayac, infirmière libérale à Montpellier était interviewée dans "le coup de fil du matin" sur Sud Radio le 17 mars. "Le coup de fil du matin" est diffusé tous les jours à 7h12 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

 

Bérengère Tayac, infirmière libérale à Montpellier, a poussé un coup de gueule sur les réseaux sociaux, appelant à la solidarité avec les plus fragiles.

15 à 25 patients par jour sans aucun masque

Bérengère Tayac a l’impression que chacun pense avant tout à soi et pas aux autres… "Je suis infirmière libérale depuis 18 ans, avec mes malades qui se posent beaucoup de questions par rapport à ce virus, confie-t-elle sur l’antenne de Sud Radio. J’essaie de les rassurer autant que je peux. Après, ils sont confinés chez eux depuis bien longtemps malgré eux et voient à travers la fenêtre les gens qui nettoient leur voiture, les bus scolaires qui passent alors qu’il n’y a plus d’école, beaucoup de gens sans masque. Alors ils se demandent ce qui se passe vraiment."

Mais ce sont aussi ces conditions de travail qu’elle tient à mettre en lumière, en pleine épidémie : "Moi, au quotidien ce que je dénonce, c’est que nous n’avons pas de gants, pas de masques. On l’a dit, on l’a répété cent fois. Cela a bien fait rire le monde quand j’étais avec le masque en tissu que m’avaient fait les collègues. Malheureusement, le peu de masques chirurgicaux, on se les passe de la main à la main. On a l’impression d’avoir gagné au loto quand on réussit à en avoir deux ou trois. Mais il faut les changer plusieurs fois dans la journée. Nous voyons entre 15 et 25 patients par jour. Comment fait-on ? On devrait changer de masque à chaque fois !"

Ne pas prendre la place de quelqu'un d'autre

De par son métier, Bérengère Tayac va évidemment visiter des personnes fragiles. "J’ai des personnes diabétiques, qui ont subi des opérations chirurgicales il n’y a pas longtemps, des plaies ouvertes, six mois de pansement avec des méchages… Et j’arrive avec un masque que j’ai depuis 4 ou 5 heures de temps. Ce n’est pas normal. Nous, on est en guerre, sans aucun fusil !" Des masques devraient être livrés prochainement, a annoncé Emmanuel Macron hier. "Il a parlé de mercredi ou jeudi, où l’on serait enfin équipés. Cela veut dire que l’on aura contaminé combien de gens d’ici là ?"

Qu’a-t-elle retenu de l’intervention du Président de la République ? "Je ne l’ai pas exactement bien comprise. Le ministre de l’intérieur a été beaucoup plus précis dans les mesures." Selon l’infirmière libérale, "la crédibilité du gouvernement a été perdue le jour le premier tour des élections a été maintenu. À partir de là, tout est flou, et tout est mal compris. Bien sûr, on s’en sortira. Les gens, en sortant de chez eux, ont peur de choper le virus. Ce n’est pas cela le problème. Le problème, est que, quand on sort, on prend potentiellement une place à quelqu’un qui en a plus besoin que nous."

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Retrouvez "le coup de fil du matin" du lundi au vendredi à 7h12 sur Sud Radio, dans la matinale de Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

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