Coronavirus: les routiers appelés à exercer leur droit de retrait

Les syndicats CFDT, FO et CFTC du transport routier appellent les chauffeurs à exercer "individuellement" leur droit de retrait à partir de ce lundi 30 mars et en cas de "manquements" aux mesures de protection sanitaire contre le coronavirus. Un reportage de Clément Bargain.

GUILLAUME SOUVANT - AFP/Archives

Les syndicats CFDT, FO et CFTC du transport routier appellent les chauffeurs à exercer "individuellement" leur droit de retrait pour dénoncer les manquements aux mesures de protection sanitaire contre le coronavirus.

 

Un reportage de Clément Bargain

 

Les trois syndicats demandent l'arrêt des transports non essentiels. "Nous ne pouvons malheureusement que constater que les conditions de travail des salariés en matière de sécurité sanitaire ne sont pas au rendez-vous", indiquent les trois syndicats dans un communiqué commun. "Même si des efforts ont pu être consenti", admettent-ils, "cela est bien maigre au regard des risques sanitaires et cela devient de plus en plus dangereux face à cette pandémie".

 

"Pour tout ce qui est alimentaire et essentiel aux hôpitaux, on demande que la livraison continue. Mais pour le reste on leur demande d'arrêter" explique Patrice Clos secrétaire général de Force Ouvrière. Dans le secteur, 1 500 salariés sont touchés par le coronavirus et quatre malades sont décédés. Malgré les appels des syndicats, rien ne change sur le terrain.

"Manque de masques, de gants, de gels... Pour les gens qui roulent, les sanitaires, les douches ne sont pas efficients partout, même la restauration c'est compliqué" dénonce Thierry Douine, président de la CFTC Transports...

"Il y a des trous dans la raquette de la carte de France"

 

Thierry Douine demande des mesures immédiates pour assurer la protection des routiers. Avec la CFDT et FO, la CFTC demande "la réquisition des aires de repos, des stations-services et des restaurants routiers" ainsi que la mise en place "d'une centrale d'achat pour se fournir en gants, masques et gels". Ils réclament "des dispositifs sérieusement protecteurs pour agir en 'temps de guerre'".

"Les caissiers sont protégés mais nous on n'a rien. Ca montre bien qu'il y a un problème dans notre profession"

 Ils demandent aussi "l'arrêt des transports non essentiels" et, pour les transports sanitaires, "les mêmes protections que les urgentistes".

La semaine dernière, FO avait, seule, lancé puis levé un appel au droit de retrait à partir du 23 mars pour les salariés du transport routier et de la logistique "non essentiels". Le syndicat avait expliqué lever son appel après avoir obtenu une série d'engagements du gouvernement pour garantir la sécurité sanitaire des chauffeurs pendant l'épidémie de coronavirus.

 

Grace Leplat avec Clément Bargain et AFP