Coronavirus : Hugues Renal, coincé en Chine "côté santé tout va pour le mieux, côté moral ça diminue..."

L'épidémie de coronavirus continue en Chine où le bilan s'alourdit avec 427 décès et plus de 20 000 personnes infectées. "En France, le virus ne circule pas" affirme le directeur général de la Santé.  La France a rapatrié tous ses ressortissants présents à Wuhan pour les placer à l'isolement dans le Sud Est. Mais certains […]

L'épidémie de coronavirus continue en Chine où le bilan s'alourdit avec 427 décès et plus de 20 000 personnes infectées.

"En France, le virus ne circule pas" affirme le directeur général de la Santé. 

La France a rapatrié tous ses ressortissants présents à Wuhan pour les placer à l'isolement dans le Sud Est. Mais certains sont encore coincés là bas dans la région épicentre de l'épidémie. C'est le cas de cet Albigeois, parti juste avant le début de la crise rejoindre sa compagne à 240 km de Wuhan. Impossible pour lui de rentrer. Il appelle à l'aide car il vit dans une ville totalement bouclée à l'isolement dans un hôtel, sans informations de la part des autorités françaises et chinoises.

Ses parents, dans le Tarn, sont totalement désemparés et inquiets 

A Trébas dans le Tarn Christine Bouillot les a rencontrés… 

Un Albigeois coincé en Chine - Christine Bouillot

Moi les informations que j'ai c'est qu'il n'y a plus rien qui est organisé. Je suis abandonné. La cellule de crise m'a confirmé que je ne suis pas le seul français concerné. Côté santé tout va pour le mieux : aucun d'entre nous présente le moindre symptôme, mais côté moral, petit à petit ça diminue... Plus ça va, plus on voit les informations quand on nous dit que le pic de l'épidémie aura lieu la semaine prochaine ou en mai... Que les autorités chinoises ne donnent aucune information sur la fin du confinement... On se demande dans combien de temps on pourra rentrer"

La Chine quasiment à l'arrêt depuis le coronavirus...

Les impacts sur l’économie mondiale se font déjà sentir… Les Bourses de Chine continentale s'effondraient de presque 9 % hier à la mi-journée.  La banque centrale chinoise a injecté hier 1.200 milliards de yuans, 156 milliards d'euros, pour contrer l'impact de l'épidémie. Mais sur le terrain, le coronavirus continue de se propager et les autorités chinoises font désormais état de plus de 20 000 cas confirmés… Les échanges commerciaux entre la France et la Chine vont être ralentis. Marc Touati est économiste et président du cabinet ACDEFI

Marc Touati, les échanges commerciaux entre la France et la Chine - Clément Bargain

 

C'est vrai que si on a mois d'importations en provenance de Chine, alors bien sûr on pense en matière première mais pas seulement. Il y a beaucoup de produits qui sont fabriqués en Chine avant d'être amenés et assemblés en France. Il y a beaucoup de secteurs industriels qui ont besoin de produits chinois parce qu'on ne les fait qu'en Chine. Donc ça peut générer un frein à l'activité pour nos constructeurs français. Pour l'instant il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain : ce n'est pas encore dramatique. Néanmoins il y a des conséquences concrètes qui vont s'observer sur l'économie, sur l'emploi... Y compris en France où l'impact sera limité mais non négligeable pour l'économie française"

 

La reprise de l’activité économique va être longue et il pourrait y avoir des répercussions sur la croissance mondiale selon lui...

Marc Touati, répercussions sur la croissance mondiale - Clément Bargain

 

Chaque année la Chine génère à peu près 40 % de la croissance mondiale. Ce qu'il s'est passé depuis près d'un mois, un blocage en grande partie de l'économie chinoise, mécaniquement va grever la croissance chinoise et donc parallèlement c'est inévitable, ça pourrait enlever 0.3 point à la croissance mondiale selon mes calculs. Ce n'est pas dramatique. Il n'y a pas de récession mondiale. Mais ce n'est pas rien"

A Wuhan, la quarantaine se poursuit. Les activités ne reprendront pas avant le 14 février selon les autorités… ce qui inquiète les patrons… Frédéric Briand est français, il dirige une entreprise de fabrication de pièces automobiles…

Frédéric Briand, dirigeant d'entreprise française impactée - Clément Bargain

 

Ca fait très loin le 14. Il a le temps de se passer beaucoup de choses et les clients doivent attendre jusque-là. C'est pas comme si on n'avait pas de produits à livrer. On a du stock mais on ne peut pas les sortir. Les salariés on est obligés de les payer à 100 %, c'est la règle de la quarantaine donc pour les entreprises il n'y a pas d'entrée de chiffres d'affaire par contre il y a des dépenses donc ça va forcément impacter la trésorerie d'une manière générale. Il faut avoir la bonne trésorerie pour pouvoir s'en sortir derrière"