Coronavirus : en quoi consiste le stade 3 ?

Odile Launay, infectiologue à l’hôpital Cochin à Paris était interviewée dans "le coup de fil du matin" sur Sud Radio le 9 mars. "Le coup de fil du matin" est diffusé tous les jours à 7h12 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

Matériel pour détecter le virus COVID-19 à Ahmedabad, en Inde, le 6 mars 2020. AFP

Le gouvernement a annoncé dimanche soir l’interdiction des rassemblements de plus de 1.000 personnes sur le territoire, à l’approche du stade 3 de la maladie en France, où l’on compte désormais 19 morts pour 1.126 cas confirmés.

 

Le nombre de lits n'est pas extensible

Le stade 3, niveau d’alerte le plus élevé, ne vise pas à contenir l’épidémie, mais à en atténuer les conséquences autant que possible. Quand la France passera-t-elle à ce stade ? "C’est une question de jours, explique Odile Launay, infectiologue à l’hôpital Cochin à Paris. Nous serons rapidement dans la situation de l’Italie. Nous espérons que nos hôpitaux sont mieux préparés pour prendre en charge les patients dans les meilleures conditions possibles".

La France est-elle bien préparée ? "Cela fait plusieurs jours et semaines que l’on s’organise. Nous avions déjà des plans prêts que l’on adapte à la situation actuelle. Ensuite, le nombre de lits n’est pas extensible. Nous avons 4.500 lits de réanimation en France. Certains sont occupés par d’autres pathologies, on ne peut pas tout annuler. Il faudra éviter que tous les cas graves arrivent en même temps". À quoi correspond le stade 3 ? "Il concerne l’organisation dans les hôpitaux, l’augmentation de la télémédecine pour libérer de l’espace et du temps pour le personnel soignant. Mais c’est aussi le télétravail, la limitation des déplacements, la fermeture des salles de spectacles. Cela aura un impact sur la vie des Français".

Plus de malades, et plus graves

En fait-on trop ? "En Île-de-France, nous sommes déjà au stade 3. On ne voit plus toutes les personnes potentiellement affectées, celles qui n’ont pas de gène respiratoire ou qui sont plus jeunes. On leur demande de rester chez elles. Ce qui nous inquiète, c’est le nombre de cas. Si le virus est seulement deux ou trois fois plus grave que la grippe, nous allons avoir à la fois plus de malades et des malades plus graves. C’est ce qui nous inquiète".

Si le déplafonnement des heures supplémentaires est utile pour faire face, "le personnel soignant est fatigué, insiste Odile Launay. Cela fait un an que les structures hospitalières, les urgences, demandent à être soulagées. Tout le monde est motivé, mais sur la durée, cela va être compliqué de faire face pendant plusieurs semaines". Dans les hôpitaux, pour l'infectiologue à l’hôpital Cochin à Paris, la situation est tout-à-fait acceptable. "Maintenant, ce qui inquiète, c’est la médecine de ville. On espère que l’on va avoir assez de masques pour équiper les médecins généralistes, les pédiatres qui vont être au contact. Aujourd’hui, il faut vraiment que l’on protège les soignants en général".

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