Coronavirus: échos d'une France confinée, 24e jour

La vie chacun chez soi : des pénitents blancs du Puy-en-Velay aux manchots du Cap, échos d'une France sous cloche, jeudi, au 24e jour de confinement.

Ludovic MARIN - AFP

La vie chacun chez soi : des pénitents blancs du Puy-en-Velay aux manchots du Cap, échos d'une France sous cloche, jeudi, au 24e jour de confinement.

. Pas de pénitents blancs

"Pour la première fois depuis la Terreur révolutionnaire de 1792, le confinement va priver les Pénitents blancs du Puy-en-Velay de la procession qui nous fait revivre la Passion du Christ chaque Vendredi Saint", déclare à l'AFP Alain Jourda, recteur de cette confrérie mixte composée de laïcs.

Vendredi "on sera chacun dans son coin pour accompagner les mourants dans la prière", se désole ce descendant de ceux qui, durant la Peste noire de 1348, "s'occupaient de ramasser les cadavres, pour remplir le rôle de croque-mort, qui n'existaient pas à l'époque".

Des centaines de personnes font le déplacement chaque année pour assister à cette procession, en 14 stations dans les rues de la vieille ville de Haute-Loire, de ces 45 confrères et consoeurs revêtus de leur longue tunique blanche, surmontée d'une cagoule en forme de cône, percée de deux trous pour les yeux.

. Hommage du Monde, solidaire

Le quotidien Le Monde rend hommage aux personnels soignants dans un supplément spécial de 16 pages, le "Journal des blouses blanches", en vente jeudi chez les marchands de journaux et dont l'intégralité des recettes publicitaires (240.000 euros) est reversée à la Fondation de France, dans le cadre de l'appel à la solidarité "Tous unis contre le virus".

"Ils travaillent à l'hôpital, ou en médecine de ville, ils sont généralistes, infirmières, urgentistes, sage-femmes: une quinzaine de soignants, en première ligne face à la pandémie de Covid-19, ont accepté de nous raconter leur quotidien professionnel", explique Luc Bronner, directeur des rédactions du journal.

. Messes 2.0

A Rouen, depuis le début du confinement, le curé Geoffroy de la Tousche et son acolyte François-Xavier Henry célèbrent chaque jour la messe dans des lieux inhabituels, en dehors de leurs églises fermées au public : ferme, menuiserie, ring pour mettre "le virus K.O.", boulangerie, école, supermarché…

Les cérémonies sont retransmises sur deux chaînes Youtube du diocèse. "C'est une forme de bénédiction pour ce monde du travail qui est chamboulé par l'épidémie, qui est à l'arrêt, ce qui provoque des questionnements énormes pour les chefs d'entreprise, catholiques ou non. Je leur apporte un encouragement en leur montrant qu'on ne les oublie pas", explique à l'AFP Geoffroy de la Tousche, content de voir que 300 personnes se connectent chaque jour pour suivre la messe en ligne, contre quelques dizaines en temps normal.

. Manchots en balade

"Aujourd'hui, nos manchots Opale et Amenzi s'offrent une balade": pour égayer le quotidien des internautes confinés, l'aquarium Nausicaà, basé à Boulogne-sur-mer (Pas-de-Calais), a laissé deux manchots du Cap et un iguane vert "profiter de l'absence de visiteurs" pour s'échapper quelques minutes de leurs enclos et "visiter" les espaces d'exposition. La vidéo de leurs "aventures" a ensuite été diffusée sur la page Facebook de l'aquarium.

Dans la dernière, diffusée dimanche et déjà visionnée 220.000 fois, les deux manchots dodelinent dans un hall, traversent plusieurs couloirs et salles remplies d'aquariums et prennent même l'ascenseur, semblant observer des lions de mer, raies manta, requins et poissons tropicaux devant la caméra des soigneurs.

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AFP / Paris (AFP) / © 2020 AFP