Coronavirus: échos d'une France confinée, 20e jour

La vie chacun chez soi: des fidèles virtuels de la paroisse lot-et-garonnaise de Bon-Encontre aux cuistots anonymes régalant les soignants de Rennes, échos d'une France sous cloche, dimanche, au 20e jour de confinement.

JEAN-FRANCOIS MONIER - AFP

La vie chacun chez soi: des fidèles virtuels de la paroisse lot-et-garonnaise de Bon-Encontre aux cuistots anonymes régalant les soignants de Rennes, échos d'une France sous cloche, dimanche, au 20e jour de confinement.

. Fidèles virtuels

En ce dimanche des Rameaux, premier jour de la semaine pascale où les chrétiens commémorent l'entrée de Jésus à Jérusalem, la foule devait être au rendez-vous à la paroisse de Bon-Encontre, dans l'agglomération d'Agen.

Au temps du coronavirus, point de bras brandissant lauriers, palme ou branche d'olivier, mais une assemblée de fidèles connectés, dont les photos ont été accrochées aux bancs face au prêtre.

"Au moins, on ne sera pas seuls dans cette église" fermée au public, s'est réjoui le père Antoine Tran, curé de la paroisse. "La plupart de ces visages nous sont bien connus! C'est une expérience formidable, dans une situation tellement grave", a-t-il expliqué à l'AFP.

Le père Tran, qui dit avoir été inspiré par l'initiative d'un prêtre de Bergame (Italie), avait déjà reçu samedi par courriel les photos de près d'une centaine de fidèles: des personnes seules ou en famille, "surtout des jeunes, un peu moins des personnes âgées". Et il ne désespère pas d'arriver à diffuser prochainement ses messes via une chaîne YouTube.

. Du riz surinamais pour la Guyane

Sécheresse et épidémie conjuguées menacent les étals des commerçants guyanais qui "viennent à manquer de riz": face à ce constat, le député de Guyane Lenaïck Adam (LREM) a fait venir vendredi 60 tonnes de riz du Suriname pour faire face à "la pénurie", notamment pour les 30.000 habitants de l'ouest de la Guyane.

En cause: la fermeture de la frontière surinamo-guyanaise, le ralentissement de l'activité économique au Suriname pour cause de coronavirus, ainsi que la sécheresse qui a considérablement fait baisser le niveau du fleuve Maroni, axe majeur du commerce dans la région, où certaines communes ne sont accessibles que par pirogue.

Des ravitaillements par avion-cargo ont été renforcés, et "les grandes et moyennes surfaces de Guyane ont assuré disposer de stocks suffisants", a précisé la ministre des Outre-mer Annick Girardin.

. "Avis à la population!"

A Villers-la-Faye, un petit village de Côte-d'Or, un véhicule parcourt la commune, deux fois par semaine, avec sono et musique d'ambiance afin d'égayer les quelque 400 habitants en ces temps de confinement. Le maire est au micro, la sono crache "Les Sardines", de Patrick Sébastien. "On est même applaudis", se félicite l'édile.

"Je donne des nouvelles du village et je rappelle les consignes de confinement. L'idée est de renouer avec l'ancienne tradition du garde champêtre et de son tambour qui criait +avis à la population!+", explique le maire, Pierre-Alexandre Privolt, au quotidien local Le Bien public.

. Collectif salé/sucré

Cette année, pas de gigot de sept heures à partager en famille. Mais pour les soignants, un collectif anonyme de 27 cuisiniers livrent tous les jours jusqu'à 160 plats au CHU de Rennes.

Le collectif s'appuie sur des producteurs locaux et l'association Les P'tits Doudous du CHU, qui assure le lien avec les soignants: huit services différents ont été livrés, en premier lieu la réanimation, le Samu, les Urgences et la radiologie.

Cuisiniers et pâtissiers travaillent de chez eux, de leur restaurant, et fonctionnent en binômes: "L'un fait le salé et l'autre le sucré. Parfois, lorsque l'on a une commande plus importante, du style 120 ou 160 repas, on peut mutualiser plusieurs binômes, et l'un de nous livre le tout", raconte l'une des membres du collectif.

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