Contrôles du couvre-feu : "Quelques fois ça peut dégénérer en outrage, en rébellion"

Le couvre-feu entre en vigueur vendredi 16 octobre à minuit, dans la région Île-de-France et à Grenoble, Lille, Lyon, Aix-Marseille, Rouen, Saint-Étienne, Montpellier et Toulouse. Entre 21 heures et 6 heures, les habitants de ces territoires devront rester chez eux. Dans certains territoires, par manque de moyens humains et matériels, faire appliquer le couvre-feu s’avère être un casse-tête.

12.000 policiers et gendarmes seront chaque nuit déployés dans les huit métropoles et en Île-de-France pour faire respecter le couvre-feu. © AFP

Reportage de Clément Bargain pour Sud Radio

 

"On espère que le gouvernement prenne cette fois-ci des mesures plus claires pour les exemptions"

Il sera sans aucun doute difficile de faire respecter le couvre-feu dans certains territoires. "Compte-tenu de la faiblesse des effectifs de police et de gendarmerie, je ne vois pas l'État intervenir tous azimuts si le couvre-feu n'était pas respecté, assure François Durovray, le président du Conseil départemental de l’Essonne. Je parie sur l'intelligence collective, mais ça ne marchera qu'à partir du moment où c'est acceptable socialement", ajoute-t-il.

12.000 policiers et gendarmes seront déployés chaque nuit dans les huit métropoles et en Île-de-France pour faire respecter le couvre-feu. "C'est une charge supplémentaire qui va consommer de l'énergie, explique David Le Bars, secrétaire général du Syndicat des commissaires de la police nationale. On espère simplement que le gouvernement prenne cette fois-ci des mesures plus claires pour les exemptions".

 

"Quelques fois ça peut dégénérer en outrage, en rébellion"

Mais cette nouvelle mission fait bondir certains représentants des forces de l’ordre : "c'est une mission qui ne correspond pas du tout au cœur de métier de la police nationale, souligne Rocco Contento, le porte-parole du syndicat Unité SGP Police. Ce sont les collègues de nuit qui vont devoir s'y employer, au moment où la délinquance est la plus importante et les effectifs de nuit sont beaucoup moins nombreux. Il ne faudra pas s'étonner que sur cette période-là, les statistiques de la délinquance augmentent".

 

 

"On sait très bien que quelques fois ça peut dégénérer en outrage, en rébellion, surtout que les citoyens sont de plus en plus tendus sur ce sujet et ça peut se comprendre. Pendant le confinement, on a eu 43 fonctionnaires blessés dans le cadre de ce type de mission", rappelle-t-il.

 

"J'aurais souhaité qu'on puisse adapter la question de l'heure du couvre-feu"

Pour François Durovray, le président du Conseil départemental de l’Essonne, 21 heures, c’est trop tôt : "j'aurais souhaité qu'on puisse adapter la question de l'heure du couvre-feu. En grande couronne parisienne, les personnes qui travaillent ont des temps de transport qui sont longs, rentrent chez eux plus tard, n'ont pas la faculté de faire des achats avant 21 heures".

"Je continue de croire que les territoires ont la capacité d'adapter et de prendre les meilleures mesures par rapport à un objectif qui est louable et fixé par le président de la République".

 

 

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