Colère à Marseille - "Ma maman qui a connu la Seconde Guerre avait l'impression d'être moins emmerdée avec les Allemands !"

Un seul mot d’ordre : "laissez-nous travailler". Restaurateurs, cafetiers, patrons de discothèques et de salles de sport, ils étaient plus de 3500 hier après-midi dans les rues de Marseille.

La banderole brandie à Marseille par les restaurateurs est à prendre au sens propre comme au figuré : "Si on reste au rang, la faim est proche". (Photo de Clément Mahoudeau / AFP)

Un reportage de Lionel Maillet pour Sud Radio à Marseille.

 

Il y avait, hier, des volutes des premiers jours des Gilets jaunes. Plus de 3500 professionnels du Sud de la France qui refusent de rester fermés jusqu’au 20 janvier sans même sourciller ont multiplié slogans choc et cris de colère hier à Marseille. Le Premier ministre a, en effet, confirmé les propos tenus par le président de la République dans son allocution mardi : restaurants, cafés et salles de sport ne pourront rouvrir que mi-janvier, sous réserve d'un contexte sanitaire maîtrisé à 5000 cas positifs par jour maximum.

Sandra est serveuse à Montpellier et tient ses mains une grande ardoise avec le menu du jour. "Au menu, tout ce que notre cher Manu nous annonce : des taxes, du chômage !"

Sandra poursuit : "On a appliqué toutes les règles du gouvernement et voilà qu'on est en train de mourir. On se retrouve encore à être les derniers lésés"

 

Sauver des restaurants familiaux et le lien social de ces lieux en acceptant un protocole sanitaire plus strict

Il s'agit désormais de rester fermés quand beaucoup d’autres vont reprendre leur activité dès ce week-end. La pilule ne passe pas pour ce restaurateur du Grau-du-Roi, qui connaît aussi la valeur sociale de ces lieux de vie, notamment pour les personnes isolées en ce moment, comme c'est le cas de sa mère.

"C'est une affaire familiale qui me vient de mes parents et grands-parents. J'ai une maman de 85 ans, elle a l'impression d'être en prison. Elle a connu la Seconde Guerre Mondiale étant enfant, le café était ouvert, elle a l'impression qu'elle était moins emmerdée avec les Allemands. Aujourd'hui, elle est tout à fait désabusée et détruit !"

Ne rouvrir dans le meilleur des cas que le 20 janvier est tout bonnement impensable pour ces professionnels qui sont prêt encore à renforcer le protocole sanitaire, comme le reconnaît ce restaurateur phocéen : "Bien évidemment que nous sommes prêts à nous adapter à des restrictions supplémentaires pour accueillir des clients dans une sécurité totale"

 

Le coup de gueule du patron des hôteliers et de la restauration de l'Hérault, Jacques Mestre

Sur le fond la demande est simple. Ouvrir le plus vite possible.   Jacques Mestre  préside l’Umih dans l’Hérault

"Aujourd'hui, nous avons besoin, non plus d'aides, mais d'exonérations pures et simples, et surtout, qu'on nous laisse travailler. Là, il faut arrêter franchement de nous prendre pour des cons !"

Les commerçants concernés ont été reçus à la préfecture des Bouches-du-Rhône pour faire remonter toutes ces revendications et de finir, en clamant haut et fort dans la rue, "Liberté, liberté, liberté !", sur le rythme des slogans républicains.