Claire Guéville : "je ne vois pas comment il sera possible de gérer à la fois les élèves en présence et à distance"

Claire Guéville, secrétaire nationale du syndicat SNES-FSU en charge des lycées et professeur d’histoire-géo dans un lycée de Dieppe (Seine-Maritime), était l'invitée de Jean-Marie Bordry dans "Les vraies voix" le 28 juillet 2021 sur Sud Radio.

Claire Guéville, invitée de Jean-Marie Bordry dans "Les vraies voix" sur Sud Radio.

Le 28 juillet 2021, Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Éducation nationale, a annoncé qu'à la rentrée 2021, en cas de détection d'un cas de Covid-19 dans une classe de collège ou de lycée, l'élève testé positif ainsi que tous les élèves non vaccinés passeraient en enseignement à distance.

 

Éviction des élèves non vaccinés : "la consigne de Jean-Michel Blanquer est inapplicable"

Comme l’explique Claire Guéville, une telle consigne serait impossible à mettre en pratique car les professeurs n’ont pas connaissance de la raison médicale précise pour laquelle les élèves sont absents. "Tout au long de l’année j’avais des élèves qui disparaissaient et apparaissaient. Vous savez qu’en principe, il y a le secret médical."

En plus, la consigne du ministère était de ne pas chercher de cas contacts au sein de la classe. "Comme nous étions tous masqués, le principe, c’est qu’il n’y avait pas de cas contacts dans le cadre de la classe. En pratique, la fermeture de classes s’est accélérée au fur et à mesure que la disponibilité des tests Covid a augmenté. Mais la détection de cas contacts en soi posait un problème."

 

"On n’a pas le matériel nécessaire pour des cours hybrides"

Claire Guéville est aussi revenue sur le choix du mot "évincés". "Ce mot masque une réalité : c’est qu’il n’y a aucune mesure véritable pour garantir la continuité pédagogique. Rien n’a été fait concrètement pour garantir des cours en présentiel en continu. Quand j’ai entendu le ministre parler d’enseignement hybride, qu’il faudrait gérer à la fois les élèves en présence et à distance, je ne vois pas comment c’est possible. On n’a pas de caméras de toute manière. On n’a pas le matériel nécessaire. De surcroît, on a des classes extrêmement chargées, et qui seront encore plus chargées à la rentrée. De toute façon, la déclaration de Jean-Michel Banquer, ce n’est pas dans le protocole."

"Jean-Michel Blanquer semble avoir des enquêtes secrètes"

S’agissant de la vaccination des professeurs, Claire Guéville se demande comment le ministre puisse disposer de données chiffrées. "Le ministre semble avoir des enquêtes secrètes. Ce matin il a dit que 80% des enseignants étaient vaccinés. Or, personne ne m’a demandé si j’étais vaccinée ou pas. Il se trouve que je le suis. Mais rien n’a été fait par notre employeur pour faciliter notre vaccination. Je demande à avoir les sources du ministre."

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