Christian Eckert : "il y a un certain nombre d'éléments très dangereux dans cette réforme"

Christian Eckert, Agnès Verdier-Molinié et Jean-Baptiste Giraud étaient les invités d’André Bercoff, mercredi 11 décembre, sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états", pour décrypter les annonces d'Édouard Philippe sur les retraites. 

Pour cette spéciale "retraite", André Bercoff recevait trois invités dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Alors qu'Édouard Philippe annonce les mesures qui seront comprises dans la nouvelle réforme des retraites, André Bercoff reçoit plusieurs invités pour décrypter les annonces et le nouveau système.

 

La dette de la sécurité sociale bientôt éteinte ?

Christian Eckert, qui avait fait une note dévoilant qu'il y avait "beaucoup d'argent dans une cagnotte", chiffrant ce montant à "plus de 150 milliards d'euros" dédiés aux retraites. L’ancien secrétaire d’État au budget de François Hollande ajoute même que la dette de la sécurité sociale sera "éteinte en 2024". "Nous payons tous 0,5% de la contribution de remboursement de la dette sociale (CRDS) et les recettes de la caisse d'amortissement de la dette sociale (CADES) vont se retrouver disponibles. Il faut les mettre sur la table", lance-t-il. "Le discours qui dit qu'une réforme est nécessaire pour maintenir l'équilibre du système est un peu forcé", estime-t-il, notant que "le gouvernement n'insiste plus sur ces déficits".

Christian Eckert souligne "un certain nombre de souplesses" dans la déclaration du Premier ministre, jugeant "positif", le minimum des pensions à 1.000 euros par mois et le système de répartition. "Il y a quelques coups de canif mais quelques principes sont préservés et nous pouvons noter quelques avancées", analyse l'ancien secrétaire d'État. "Cependant, il y a un certain nombre d'éléments très dangereux dans cette réforme", déplore-t-il.

Le système des retraites à points "existe déjà"

De son côté, Agnès Verdier-Molinié, directrice de l'IFRAP, note que "le système à points existe déjà en France", pointant "les retraites complémentaires dans le privé" qui représente 80 milliards sur les 300 au total, dédiés aux retraites. "On est habitué à débattre de ce sujet", affirme-t-elle. Elle déplore qu'aujourd'hui "on doit cotiser plus que les années antérieures pour avoir le droit à la même pension derrière". Outre les décisions politiques, elle voit aussi "un problème de démographie", puisque l'on compte "de plus en plus de retraités pour de moins en moins d'actifs". Pour l'économiste, "l'idée d'un système flexible et adaptable pérennise les pensions des générations futures". À l'inverse, "si on a un système non adaptable, il dégrade les pensions des générations futures", souligne-t-elle.

Concernant la crainte de voir les points être dévalorisés dans le temps, elle estime que "les partenaires sociaux auront leur mot à dire sur les variations de ce point comme c'est le cas dans le privé". "Il faut se dire que tout dépend de l'âge, si on ne fait pas varier l'âge de manière suffisante, on sera obligé de faire dégrader le point". Elle déplore "une sorte d'hypocrisie dans le discours des syndicats", prévoyant qu'en cas d'inaction, "on continuera à geler les pensions". 

De son côté, Jean-Baptiste Giraud, rédacteur en chef d'Économie Matin contredit le Premier ministre quand il annonce que "les femmes sortiront gagnantes". "Au contraire, pour le journaliste économique, le système donnerait un bonus aux femmes ayant eu zéro ou un enfant, mais les femmes ayant eu plus d'un enfant seront pénalisées, en perdant des trimestres", note-t-il.

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