Catherine Hill : "Le confinement n’est que le palliatif, pas le curatif"

Le gouvernement prend-il les mesures adéquates pour lutter contre le Covid-19 ? Catherine Hill, épidémiologiste, ancienne cheffe de service de biostatistique et d’épidémiologie à l’Institut Gustave-Roussy de Villejuif (Val-de-Marne), était l’invitée de Patrick Roger le 28 janvier dans l’émission "C’est à la une" sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 8h10.

La meilleure solution selon l'épidémiologiste Catherine Hill : tester tout le monde, et isoler les cas positifs pour stopper réellement la circulation du virus. Georges Gobet - AFP)

"Avec le variant, cela va forcément accélérer"

Difficile de s’y retrouver quant aux informations sur la situation sanitaire en France. Gabriel Attal parle de confinement serré. Quelle est la situation ? Que faudrait-il faire, en fonction du niveau d’acceptabilité de la population ? "Moi non plus, je n’en peux plus, reconnaît  Catherine Hill, épidémiologiste reconnue. Déjà, il faut regarder les bons indicateurs. Le nombre de morts par jour monte jusqu’à début novembre, puis redescend mais reste à un niveau très élevé, autour de 400. Il y a eu un creux durant la trêve des confiseurs, c’est en train d’augmenter. Les entrées à l’hôpital et en réanimation sont en hausse."

"Nous sommes remontés à peu près aux deux tiers de la situation de novembre, précise l’ancienne cheffe de service de biostatistique et d’épidémiologie à l’Institut Gustave-Roussy de Villejuif (Val-de-Marne). Cela va vite, et peut aller encore plus vite, donc la situation est encore mauvaise. Avec le variant, cela va forcément continuer à s’accélérer. De toutes façons, 400 personnes par jour, chaque jour, depuis le 1er décembre, c’est un bilan humain assez monstrueux. Il faut changer de stratégie."

 

"Il faut trouver tous les gens positifs"

"La seule stratégie serait de tester tout le monde, estime Catherine Hill. C’est possible, avec des prélèvements salivaires que les gens feraient eux même chez eux. Ensuite, on regroupe ces prélèvements par lots, de 20 ou de 100. Si le tube de 100 est négatif, tous le sont et cela permet d’aller beaucoup plus vite." "Il faut dépister tout le monde car la plupart des personnes contagieuses ne le savent pas, rappelle-t-elle. Tout le système est fait à partir des cas symptômatiques, c’est cela le problème. Je ne comprends pas ; on sait depuis avril que la majorité des contaminations vient de personnes qui ne sont pas symptômatiques. Il faut trouver tous les gens positifs pour qu’il n’y ait plus de virus en circulation."

Comment faire ? "On isole ceux qui sont positifs plutôt que d’isoler tout le monde, propose Catherine Hill. C’est pourtant simple, et on peut très bien faire cela pendant que l’on confine. Durant un confinement, il y a déjà moins de virus qui circule, On peut ensuite tester une région puis une autre, c’est une question d’organisation. Sinon, on va continuer à plomber l’économie pendant des mois. Le confinement n’est que le palliatif, pas le curatif. Le curatif est de trouver les gens contagieux et de les isoler."

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