Brevet des collèges décalé : des écoles aussi aimeraient rester fermées

Situation inédite sur fond de canicule: le ministre de l'éducation nationale a décidé de reporter les épreuves du brevet au lundi 1er et mardi 2 juillet en métropole. "A 30 degrés, impossible de garantir de la sécurité des élèves", explique Jean-Michel Blanquer. La plupart des écoles devraient en revanche rester ouverte au pic de chaleur, jeudi et vendredi.

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"On ne peut pas transiger avec la sécurité des élèves": Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Education nationale, justifie le report du brevet des collèges. Initialement prévu jeudi 28 et vendredi 29 juillet, il aura finalement lieu début juillet en raison de la canicule qui va s'accentuer dans les jours à venir.

Une décision que comprend Philippe Vincent, secrétaire général du SNPDEN-UNSA, principal syndicat des chefs d'établissement et proviseur à Marseille, au micro de Nicolas Bidard. Selon lui, le report du brevet est une décision logique au vu des records de chaleurs annoncés:

 

 

"Les élèves composent de manière assez nombreuse dans les salles, qui ne sont pas toujours climatisées ni ventilées. Un certain nombre d'éléments de préparation n'avaient peut-être pas été complètement envisagés. Le report va nous donner  deux jours de préparation de plus. Les élèves, qui pour des raisons X ou Y, ne pourraient pas passer les épreuves lundi et mardi, pourront être convoqués à la session de remplacement programmée au mois de septembre, pour que les élèves composent dans les meilleures conditions."

Un week-end de vacances en moins pour ces élèves de 3e... Et pas question d'y échapper: les épreuves sont obligatoires, y compris pour les élèves qui auraient déjà tous leurs points avec le contrôle continu ! L'éducation nationale devrait se montrer plutôt souple, et permettre aux candidats de passer la deuxième session les 16 et 17 septembre.

"Cela met les familles en situation difficile"

Ces changements ne seront pas sans conséquence, redoute Radouane M'Hamdi, le secrétaire départemental du SNPDEN-Unsa en Seine-Saint-Denis, joint par Mathilde Choin:

 

 

"On devait distribuer les affectations des élèves en seconde à partir de vendredi soir. Dés le lundi, les élèves vont s'inscrire avec un dossier. Et donc ça fait décaler au plus tôt, et au mieux au mercredi et jeudi. En sachant que beaucoup de familles réservent leurs billets d'avion à l'avance, ça met ces familles en situation difficile. Cela fait décaler les corrections, ce qui fait décaler les jurys de délibération puis les résultats... Cela génère beaucoup d'organisation pour les établissements."

Des écoles voudraient aussi rester fermées en fin de semaine

Du côté des écoles primaires et maternelles, pas de fermeture générale jeudi et vendredi. La décision reviendra aux directeurs, en lien avec les rectorats... Si l'isolation et les stores fonctionnent, la plupart des écoles devraient donc rester ouvertes. Dans les écoles, malgré le plan canicule et les recommandations du ministère de l'Education, beaucoup d'enseignants réclament la fermeture des établissements jeudi et vendredi, journées les plus chaudes de la semaine. Impossible selon eux de donner cours dans ce contexte de haute chaleur.

Reportage Sud Radio de Mathilde Jullien, dans une école de la Seine-Saint-Denis: on s'y organise tant bien que mal !

 

 

"Deux bouteilles d'eau dans toute la classe?!"

Si le préau a conservé de sa fraîcheur, ce n'est pas le cas des salles exposées au sud. Inquiet, le directeur fait le tour des classes: "deux bouteilles d'eau dans toute la classe?! C'est pas beaucoup...". Des bouteilles d'eau, c'est tout ce qu'a reçu cette école, malgré les recommandations du ministère de l'éducation. Ici, ce sont les enseignantes qui ont acheté thermomètres et ventilateurs: "Il n'y'a pas de thermomètre pour relever les températures, mais on doit être au dessus de 28, 29..."
 

Une enseignante en nage: "dommage que les locaux ne soient pas adaptés !"

Un étage au dessus, dans les dortoirs, la chaleur est étouffante: "C'est injouable. Avec la chaleur, il n'y a plus de dortoir...pas de sieste pour les petits !" Juste à côté chez les maternelles, l'enseignante est en nage: "C'est pas des conditions pour travailler. On risque d'avoir des enfants déshydratés. Faut les empêcher de courir, c'est dommage que les locaux ne soient pas adaptés, qu'on n'ait pas vraiment d'aide." Les enfants, qui rêvent de bataille d'eau, sont eux-aussi sont accablés par la chaleur: "ça me dérange, on n'arrive pas à se concentrer". Pour les syndicats, la solution est simple: ils demandent une fermeture des classes jeudi et vendredi, jours au cours desquels Météo France annonce des pics de chaleur.