Bernard Kron, médecin : "Le président Macron est une marionnette des lobbyistes et de l’Europe"

Bernard Kron, chirurgien, était l’invité d'André Bercoff, mardi 7 mai, sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

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"L'administration a pris le pouvoir à l'hôpital, le médecin n'a plus aucun pouvoir"

André Bercoff décrypte le plan santé du gouvernement, en première lecture, présenté par Agnès Buzyn, en compagnie du chirurgien Bernard Kron. Ce dernier souhaite faire, en premier lieu, un retour en arrière car selon lui, il faut des années avant de se rendre compte des effets pervers de certaines lois : "Si on prend le plein-temps hospitalier, une loi extraordinaire, qui a permis de moderniser l'hôpital, malheureusement, parmi les médecins actuels, les fortes têtes sont parties, ils ont un esprit de fonctionnaire, non pas parce qu'ils sont fonctionnaires, mais parce que c'est l'administration qui a pris le pouvoir et le médecin n'a plus aucun pouvoir à l'hôpital. Les urgences sont surchargées, il y a six heures d'attente, et on y voit des catastrophes". 

Le médecin évoque aussi le prix de la consultation qui n'a pas suivi la hausse de l'inflation, comme celui de la baguette, et est toujours à 25 euros en France, alors que dans le reste d'Europe, il est entre 70 et 100 euros. Selon lui, "cela explique en partie les déserts dans lesquels il n'y a rien. Pourquoi y mettre des médecins, quand il n'y a pas d'école ?" Il revient aussi sur les annonces d'Emmanuel Macron qui a enfin annoncé la fin du numerus clausus, attendue depuis des années. Mais reste à savoir ce qui sera proposé à ces jeunes médecins qui ne veulent plus être des esclaves. Pour lui, ce genre d'annonces bien sympathiques sur le papier, comme les 39 heures payées 5.000 euros, "c'est un serpent qui se mord la queue".

"Les énarques qui entourent Macron ne savent pas, pour régler un problème, réformer"

Il poursuit sur cette idée : "Le noeud gordien est très simple : les énarques qui entourent Monsieur Macron, lui-même énarque, ne savent pas, pour régler un problème, réformer. Car réformer ça veut dire jeter, mettre aux oubliettes ce qui est mauvais. Or, les énarques ne savent réformer qu'en ajoutant une feuille sur une autre". Il ajoute : "La France a 35% d’administratif par rapport au nombre de soignants, c'est 15 points de plus que dans le reste des autres pays de l'OCDE". Bernard Kron estime donc : "Avec une sur-administration, on ne peut libérer la médecine".

Le médecin peut, selon lui, faire lui-même les choses et il déplore le fait qu'en France : "On est dans l'administratif à tout crin". "Ce n’est pas le rôle du pharmacien de faire de la médecine". Il regrette aussi un manque de médecins en France : seuls 9% des étudiants, après leur internat, s'installent aujourd'hui. Après en avoir discuté avec d'autres experts, Agnès Buzyn crée du désert médical car ses décisions sont loin de la réalité du terrain. Et il conclut : "Le président Macron est une marionnette des lobbyistes et de l’Europe et il n’a pas beaucoup de marge de manœuvre".

 

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