Beauvau de la sécurité : "on voudrait savoir ce que l’on attend de nous"

Thierry Clair, secrétaire général adjoint du syndicat UNSA-Police, était interviewé dans "le coup de fil du matin" sur Sud Radio le 16 décembre. "Le coup de fil du matin" est diffusé tous les jours à 7h12 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

Emmanuel Macron annonce un Beauvau de la sécurité pour janvier : pourquoi des syndicats majoritaires de policiers, l’un chez les gardiens de la paix, l’autre chez les CRS, refusent-ils d’y participer ?

 

"La formation continue est quasi inexistante"

Pourquoi ce boycott ? "Nous avons été reçus par le ministre de l’Intérieur, nous avons été reçus par le Président de la République mi-octobre. Un certain nombre de sujets avaient été mis sur la table, explique Thierry Clair, secrétaire général adjoint du syndicat UNSA-Police. Il y a des attentions particulières qui ont été portées. Pour nous, il s’agit d’avoir des suites concrètes et tangibles. Il nous faut d’abord des réponses."

"80% du protocole de 2016 a été appliqué. Il reste 20%, qui concernent notamment le volet social, sur la prise en compte des transports, la complémentaire santé…" À quelles conditions se rendraient-ils à ce Beauvau de la sécurité ? "Il faudrait que l’on ait des réponses sur la protection fonctionnelle des policiers, sur le floutage, par rapport à la proposition de loi qui est en cours. Parfois, on voit que les discours sont à géométrie variable. La formation continue dans la police nationale est quasiment inexistante, regrette par ailleurs Thierry Clair. Ces sujets-là ont déjà été évoqués. Alors, si c’est pour faire une réunion supplémentaire…"

 

"On ne peut pas laisser la rue aux voyous"

Plus largement, "on voudrait savoir ce que l’on attend de nous. Quel rôle le pouvoir exécutif veut donner aux policiers ?", s’interroge le secrétaire général adjoint du syndicat UNSA-Police. La sécurité, c’est un sujet sur lequel tout le monde devrait être d’accord. Ce n’est pas un problème de gauche ou de droite. Or, souvent, c’est un thème instrumentalisé par les uns ou les autres. Nos collègues sont relativement désabusés par rapport à cette stigmatisation. On l’a vu depuis le mois de mai dernier, quand l’affaire George Floyd s’est transposée en France avec Adama Traoré. Deux affaires, deux sociétés qui n’ont rien absolument à voir."

"Les collègues réagissent aussi par rapport aux propos sur les contrôles au faciès, la création d’une plateforme contre les discriminations, la façon de travailler des policiers qui discrimineraient systématiquement…" Les policiers en colère renoncent-ils parfois à assurer la sécurité dans certains quartiers ? "Non, on ne peut pas laisser la rue aux voyous. Nous sommes profondément républicains. Nos fonctionnaires répondent présents à tous les appels, toutes les missions essentielles sont assurées. Plutôt qu’une colère sourde, mieux vaut que les policiers s’expriment."

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Retrouvez "le coup de fil du matin" du lundi au vendredi à 7h12 sur Sud Radio, dans la matinale de Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

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