Bac : faut-il sanctionner les profs grévistes ?

Faut-il sanctionner les enseignants qui font de la rétention de note ? C’est le débat du jour avec Véronique Jacquier dans Info vérité sur Sud Radio le 5 juillet. Avec pour invités :
- Rodrigo Arenas, co-président de la FCPE ;
- Xavier Marand, secrétaire-général adjoint du Snes-FSU ;
- Catherine Nave-Bekhti, secrétaire générale du Sgen-CFDT ;
- Laurent Zameczkowski, président de la Peep des Hauts-de-Seine ;
- Emmanuel Jaffelin, professeur de philosophie.

Info Vérité est diffusée tous les jours à 7h10 et 9h15 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

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Les résultats du bac tombent aujourd’hui, en plein bras de fer entre Jean-Michel Blanquer et des professeurs grévistes. Alors, faut-il sanctionner les enseignants faisant de la rétention de note ?  

Des copies qui appartiennent à l'État

Ces enseignants s’exposent-ils vraiment à des sanctions, comme le dit le ministre de l’Éducation nationale ? "Oui, juge Véronique Jacquier. Rendre les copies en temps et en heure fait partie des obligations de services attendus des professeurs. Le rectorat peut prendre des sanctions allant du blâme à la révocation". Mais c’est encore plus grave : les enseignants grévistes gardent des copies dont ils ne sont pas propriétaires. Elles appartiennent à l’État. Le fait de les conserver constitue donc une atteinte au droit de correspondance, pouvant entraîner des poursuites pénales : un an d’emprisonnement et 45.000 euros d’amende.

Les rectorats n’iront sans doute pas jusque-là pour ne pas envenimer la situation. Les professeurs grévistes risquent donc pour l’instant seulement une retenue de salaire. "Eux espèrent qu’ils ne perdront qu’une journée, celle d'aujourd’hui, car le travail est fait, les copies sont corrigées et notées. Ils les gardent au chaud à la maison". Pour Jean-Michel Blanquer, la retenue sur salaire court dès la date de réception des copies entre les mains des correcteurs, soit dix à quinze jours de manque à gagner. "Il a raison, pense Véronique Jacquier. Retenir des notes est une forme de blocage, un peu comme quand des grévistes empêchent des non-grévistes d’accéder à un bâtiment".

700 correcteurs sur 175.000

Cette grève est-elle inédite ? Des professeurs ne sont-ils jamais allés aussi loin ? "Dans le passé, il y a déjà eu deux mots d’ordre appelant à la rétention des notes, rappelle Véronique Jacquier. En 1965, quand les profs râlaient contre la mise en place de filières au bac. En 2003, lors des grèves contre la réforme des retraites. Mais chaque fois, au dernier moment, les enseignants avaient rendu les notes à temps. En 1965, les menaces de sanction ont été dissuasives". Mais là, visiblement, elles ne le sont pas ! "Non les profs n’ont plus peur de prendre les élèves en otage, souligne Véronique Jacquier. La solution du contrôle continu pour pallier les notes manquantes les radicalise un peu plus. À tel point qu’on ne comprend plus leurs revendications. "Nous avons d’un côté un ministre qui pointe le fait que les grévistes sont une minorité. 700 correcteurs sur 175.000, 30.000 copies impactées pour 744.000 candidats au bac. De l’autre, des enseignants qui oublient la conscience du service public. Il y a d’autres moyens de faire grève. Il y a d’autres moments, surtout. Ils oublient aussi la notion même d’exemplarité. Rien que pour cela, ils méritent d’être sanctionnés".

Qui est responsable ? "On a la conséquence d’une radicalisation, estime Rodrigo Arenas, co-président de la FCPE. Le dialogue social, ce n’est pas 'on vous explique les réformes', c’est faire un pas l’un vers l’autre. Un tango se danse à deux, et les deux doivent conduire. Les réalités de terrain ne correspondent pas aux orientations ministérielles. Remonte aujourd’hui, des enseignants ayant quitté les jurys, le risque d’avoir des notes fantaisistes et des recours administratifs. Les parents sont très sensibles à cela. Dans des filières plus sélectives, des élèves risquent d’être lésés. Nous avons demandé, hier, officiellement l’arbitrage du président de la République. Il faut siffler la fin de la récré".

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