Avez-vous renoncé à partir en vacances cet été ?

Jean Stellittano, secrétaire national du Secours Populaire, et Hervé Montoyo, président de l'Umih 66, l'Union des métiers de l'industrie hôtelière des Pyrénées-Orientales, étaient les invités du débat du jour, le 31 juillet sur l’antenne de Sud Radio, avec Benjamin Glaise et Laurence Garcia.

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De nombreux Français ont dû renoncer à partir en vacances. AFP

Entre Covid-19 et crise économique, de nombreux auditeurs de Sud Radio disent ne pas avoir les moyens de partir en vacances cet été.

 

L’arrivée de nouveaux précaires

"Au moment de préparer les vacances, ce n’était pas du tout à l’ordre du jour, en avril ou mai dernier, confie Jean Stellittano, secrétaire national du Secours Populaire. Les gens s’inquiétaient plutôt de pouvoir payer leur loyer et de trouver de l’argent pour acheter à manger. Ce sont aussi des publics qui non seulement ne partent pas en vacances, mais en plus demandent une aide alimentaire. Nous avons 50% de plus de bénéficiaires depuis cette crise du Covid. On imagine bien qu’autant de gens renoncent à leurs vacances, car il faut se loger, se nourrir et éventuellement avoir des loisirs."

"C’est là où le Secours Populaire intervient, faire des journées de bonheur, des sorties. C’est là où interviennent aussi les mesures sanitaires. Là où l’on accueillait 100 personnes, on n’en accueille plus que 30, avec des coûts supplémentaires à absorber, explique le secrétaire national du Secours Populaire. Pour les Alpes-Maritimes, on a multiplié les sorties en vacances cet été, entre voile et musées. Cela aide les gens à faire face psychologiquement, donne de la force pour affronter la rentrée. Une bonne partie de la population française n’a plus accès à ces loisirs ou y renonce, car elle a d’autres priorités que l’on connaît : payer ses loyers, l’alimentation, et pour les jeunes entrepreneurs et les artisans, éviter que leur boîte ne coule, tout simplement. On voit arriver ces nouveaux précaires. Au début du confinement, les restaurateurs nous donnaient leur stock ; à la fin, ils venaient nous demander de l’aide car ils n’arrivaient pas à boucler les fins de mois et à remplir leur frigo. C’est infernal, on voit la boucle se boucler. Aujourd’hui, nous avons des saisonniers qui n’ont pas pu reprendre le boulot, des auto-entrepreneurs sans revenus que l’on voit tous les jours dans nos antennes. C’est d’autant plus inquiétant que l’on n’en est qu’au début de cette crise économique. Nous avons épuisé nos stocks, dépensé 300 millions d’euros en aide alimentaire. L’État a donné 50 millions pour l’ensemble des associations. On est loin du compte et on s’inquiète de l’hiver qui arrive".

 

L'envie de passer à autre chose

Et du côté des hôteliers, quel est le bilan en cette fin de mois de juillet ? Qu’a donné la fréquentation dans les hôtels ? "Au départ, cela a été poussif, de la dernière minute, dans les Pyrénées-Orientales et en Occitanie, explique Hervé Montoyo, président de l'Umih 66, l'Union des métiers de l'industrie hôtelière des Pyrénées-Orientales. Les professionnels se remettent en question en permanence. Avant, c’était déjà de la dernière minute, ça l’est de plus en plus. L’atout que nous avons en Pyrénées-Orientales, c’est que nous avons la mer, la côte rocheuse, la plaine, la montagne, une offre très variée." Des paysages qui correspondent au choix de la nature, à l’envie de grands espaces et à la peur de la foule chez les Français.

"La clientèle est très française, précise Hervé Montoyo. Nous avons quand même des étrangers qui viennent, des Belges et des Allemands, et les habitués. Le ticket moyen est en légère baisse, notre secteur est en très grande difficulté pour les mois à venir. L’État nous a aidé immédiatement, mais la perfusion ne guérit jamais le malade. Le tourisme est souvent le premier secteur touché. On ne peut pas parler de saison, car on a rouvert début juin. Nous avons perdu avril et mai. Tant bien que mal, nous essayons de faire le maximum." Quid du port du masque obligatoire ? "Notre métier, c’est d’apporter du bonheur et de la convivialité, pas de faire la police. Depuis plusieurs semaines, on demande aux autorités de faire appliquer la loi. Plus vite on appliquera comme il faut les gestes barrières, plus vite on tournera cette page du Covid-19. On veut passer à autre chose !"

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