"Aujourd'hui, notre jeunesse est formée à des métiers qui vont disparaître"

Rodrigo Arenas, président de la FCPE 93

Président de la FCPE 93, Rodrigo Arenas était l’invité du Grand Matin Sud Radio pour débriefer les Assises de l’éducation qui ont eu lieu ce samedi 09 juin.

Les jeunes lisent-ils suffisamment aujourd’hui ? C’est l’une des questions soulevées dans les débats des Assises de l’éducation tenues ce samedi 9 juin. Pour Rodrigo Arenas, président de la FCPE 93, l’essor exponentiel des écrans n’empêche pas l’accès à la lecture. "La lecture est une problématique générale de notre société, donc c’est une problématique à l’école. Ce n’est pas tellement la question du support qui entre en ligne de compte, c’est plutôt l’appétence à comprendre ce qu’on lit et à en faire un usage de liberté et non pas simplement pour bien répondre à la dictée ou aux examens. C’est nécessaire, notamment pour faire comprendre que le monde est divers. (…) Dans ces Assises de l’éducation, on s’est interrogé sur la place de l’école dans la société et sur ce qu’on attend de nos enfants. On s’est rendu compte que l’école avait tendance à ne pas favoriser l’hétérogénéité : on va s’axer sur des auteurs inscrits dans les programmes, mais on aura beaucoup de mal à sortir de ça, dans un département et un pays où le cosmopolitisme est présent au quotidien", déclare-t-il au micro du Grand Matin Sud Radio.

"On gère de moins en moins de façon éducative"

Ce dernier évoque également la question de la gestion de la violence en milieu scolaire, très prégnante dans certains quartiers. "En Seine-Saint-Denis, il y a l’équivalent d’environ un collège, 600 élèves, qui sont aujourd’hui en-dehors de l’école. Un sociologue a même parlé lors d’une étude d’un "collège fantôme". On a réalisé que le mode de gestion de la difficulté par un enseignant, c’était soit de virer l’élève par un conseil de discipline, soit de prendre du repos. Et c’est le cas dès la maternelle, où on s’aperçoit que les gamins qui "mordent le trait" sont gérés par un processus d’exclusion et non pas par une gestion entre pairs. C’est une gestion qu’on a aussi dans notre société, qui est à l’image de l’école. On gère de moins en moins de façon éducative, aussi parce qu’on a des enseignants, des parents et des élèves qui sont dépassés par le degré de violence constaté", affirme-t-il.

"L’école ne donne pas aux enfants les outils pour se construire un avenir"

Rodrigo Arenas a également fait état des débats sur l’avenir de la société et de la manière dont les jeunes d’aujourd’hui y sont préparés. "Le deuxième point qui est ressorti, c’est le sentiment que l’école ne permet pas de donner aux enfants les outils pour se construire un avenir. Aujourd’hui, notre jeunesse est formée à des métiers qui vont disparaître. Tout le monde est conscient de la robotisation, de l’intelligence artificielle, du numérique… Au vu de la façon dont sont formés nos gamins dans les lycées professionnels aujourd’hui, ça va être compliqué dans dix ans ! C’est tout de même différent selon les région. En Seine-Saint-Denis, la question du lycée professionnel est beaucoup revenue. S’il est subi dans ce département par énormément d’enfants, parce que c’est là où on met les gamins qui n’ont pas été de bons élèves, ce n’est pas le cas dans la Meuse, qui a du mal à remplir son seul lycée professionnel", pointe-t-il.

Réécoutez en podcast toute l’interview de Rodrigo Arenas dans le Grand Matin Sud Radio

 

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