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Attal à Berlin pour redonner du souffle au couple franco-allemand

Le Premier ministre français Gabriel Attal se rend lundi à Berlin, où il rencontrera et dînera avec le chancelier allemand Olaf Scholz, dans le but de redonner du souffle à des relations bilatérales régulièrement malmenées.

JULIEN DE ROSA - AFP

Le Premier ministre français Gabriel Attal se rend lundi à Berlin, où il rencontrera et dînera avec le chancelier allemand Olaf Scholz, dans le but de redonner du souffle à des relations bilatérales régulièrement malmenées.

Cette visite, la première à l'étranger pour le jeune chef du gouvernement nommé le 9 janvier, vise à "nourrir et renforcer la relation franco-allemande", souligne-t-on à Matignon.

Après un discours devant la communauté française à l'ambassade de France, Gabriel Attal sera reçu avec les honneurs militaires à 18H00 à la chancellerie allemande, où il aura un entretien en tête-à-tête avec Olaf Scholz.

Cette rencontre portera sur l'ensemble des sujets "bilatéraux, européens et internationaux ainsi que des questions de politique économique", a précisé vendredi le porte-parole du chancelier.

Hydrogène décarboné, élargissement de l'Union européenne, crise agricole, montée de l'extrême droite et élections européennes figureront notamment au menu de la rencontre, selon la partie française.

Les deux responsables tiendront ensuite une conférence de presse commune, puis dîneront avec leurs délégations à la chancellerie.

La visite a été quelque peu bousculée par une motion de censure déposée par la gauche française, à laquelle Gabriel Attal doit répondre à 10H00 (09H00 GMT) avant de s'envoler pour Berlin. Cette motion a peu de chances d'être votée puisque droite et extrême droite n'ont, a priori, pas l'intention de la soutenir.

- Europe "qui avance" -

Olaf Scholz avait félicité Gabriel Attal pour sa nomination, se réjouissant "de poursuivre et de renforcer" la coopération entre les deux pays, mise à mal récemment notamment sur l'épineux dossier de l'énergie.

Gabriel Attal lui avait répondu qu'"une France et une Allemagne toujours plus unies, c'est une Europe toujours plus forte et qui avance".

Emmanuel Macron a loué récemment l'engagement pour l'amitié franco-allemande de l'ancien ministre des Finances Wolfgang Schäuble, lors d'un hommage national au Bundestag.

Mais il cultive avec le chancelier une entente de raison. Et, à l'issue d'un séminaire entre les deux gouvernements en octobre à Hambourg, les deux responsables avaient concédé que le couple franco-allemand n'était pas au meilleur de sa forme, tout en affichant leur détermination à le remettre sur les rails, y compris sur la question de l'énergie et du marché de l'électricité, dont dépend la facture énergétique des ménages et entreprises en Europe.

La guerre en Ukraine a mis à nu plusieurs divergences de fond sur l'alliance historique des deux pays, motrice de la construction européenne, de l'énergie aux programmes de coopération industrielle sur l'avion de combat et le char du futur.

"Nous voulons avancer ensemble", avait assuré le chancelier alors que Paris et Berlin se livrent à une passe d'armes interminable à Bruxelles sur la place du nucléaire, banni par l'Allemagne mais central pour la France.

L'ex-Première ministre Élisabeth Borne s'était elle aussi rendue à Berlin en novembre 2022 peu après sa nomination, et avait scellé avec Olaf Scholz un accord énergétique censé "garantir" leur approvisionnement réciproque

- Mercosur -

Sur l'aide militaire à l'Ukraine, Olaf Scholz plaide pour son accroissement, visant sans la citer la France, première puissance militaire de l'UE.

Les nouvelles promesses d'aide occidentale à Kiev ont fortement ralenti, sur fond de dissensions politiques. Elles sont même tombées à leur plus bas niveau depuis le début de l'invasion russe, a calculé début décembre l'institut de recherche allemand Kiel Institute.

La France a été accusée de ne pas en faire assez, notamment en ne livrant pas d'avions de combat.

Le montant du soutien militaire français à l'Ukraine s'élève à 3,2 milliards d'euros, selon un rapport parlementaire publié en novembre.

Le Kiel Institute a lui établi un classement, contesté par Paris, qui comptabilise l'aide française à 540 millions d'euros jusqu'ici, loin derrière l'Allemagne (17,1 milliards), le Royaume-uni (6,6 milliards) et la Pologne (3 milliards).

MM. Attal et Scholz évoqueront également la crise agricole, qui touche leurs deux pays, même si en France les syndicats ont appelé à la levée des barrages après une série de concessions gouvernementales.

Malgré la fronde des agriculteurs, l'Allemagne reste favorable au projet d'accord commercial controversé entre l'Union européenne et les pays latino-américains du Mercosur, auquel s'oppose la France.

Par Anne RENAUT / Paris (AFP) / © 2024 AFP

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