Appels kafkaïens et trop faibles moyens: les pompiers en grève

C'est une mobilisation rarissime par son ampleur: les sept principaux syndicats de sapeurs pompiers (qui représentent 85% de la profession) appellent à partir de ce mercredi 26 juin à une grève, qui pourrait durer tout l'été jusqu'au 31 août. Plusieurs revendications : une meilleure considération du gouvernement qui ne répond pas à leurs demandes de rendez-vous, une reconnaissance du risque inhérent à la profession, une revalorisation des primes feu, de meilleures retraites. Et plus d'embauche aussi. Rassurez-vous, cela ne veut pas dire que les pompiers seront injoignables : ils ont une obligation de service. Ils continueront donc de décrocher à des appels parfois inutiles, et c'est un problème. Chaque année, les pompiers reçoivent près de 20 millions d'appels au 18... Dont plus d'un tiers d'appels inutiles.

 

Reportage Sud Radio de Cyprien Pézeril

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Un chat coincé dans un arbre, un sac de courses trop lourd à porter, un hérisson mort blessé sur un trottoir, une boule de pétanque coincée dans un arbre.... Des appels futiles qui dérangent quotidiennement les opérateurs téléphoniques des pompiers, au 18. Face à ces sollicitations, ils n'ont pas le droit de raccrocher au nez de ceux qui les sollicitent: c'est ce que déplore Charles Cosse, porte-parole de l'UNSA-SDIS, un des sept syndicats qui appelle à la grève dès aujourd'hui: "On veut vraiment sensibiliser la population à notre cœur de métier, à l'essentiel de nos missions. Les conséquences, c'est l'engorgement des lignes de secours. Quand un opérateur est occupé à traiter une demande qui n'appartient pas aux missions de sapeur-pompiers, il n'est pas disponible pour répondre à de potentiels appels urgents."  Outre un changement des comportements des français, le syndicaliste réclame une augmentation du nombre de pompiers pour répondre au 18.

Des pompiers en grève en pleine canicule, est-ce faire courir un risque à la population? Non, répond Charles Cosse.

 

 

"L'objectif n'est pas de fermer les centre de secours, mais de sensibiliser la population au mal-être croissant des sapeurs-pompiers. On souhaite aussi que le gouvernement cesse ce déni de dialogue social et puisse répondre favorablement à nos demandes. Le caractère risqué de notre métier n'est toujours pas reconnu. On souhaite que soit revalorisé le montant de notre prime de feu, pouvoir conserver notre régime de retraite spécifique (ce qui n'est pas acquis aujourd'hui); Et bien-sûr on souhaite davantage de moyens humains avec le recrutement d'emplois statutaires pour répondre à l'augmentation constante du nombre de nos interventions"