Annie Genevard sur le congrès LR : "Les candidats ont un devoir absolu de se parler, se voir et s'entendre"

Annie Genevard, députée LR du Doubs, vice-présidente déléguée des Républicains et vice-présidente de l'Assemblée Nationale, était l’invitée du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 5 octobre sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 8h15.

La députée LR Annie Genevard, interviewée par Patrick Roger sur Sud Radio le 5 octobre à 8h15.

Annie Genevard sur le rapport Sauvé : "C'est un travail très poussé qui a été fait par l'Église, qu'aucune autre communauté n'a fait"

Le rapport Sauvé sur les abus sexuels dans les églises sera rendu mardi 5 octobre. "Ce rapport est déjà en soi une grande avancée", estime Annie Genevard, qui montre que "l'épiscopat français a eu la volonté de faire toute la lumière". "C'est un cheminement de vérité très difficile et douloureux pour l'Église, qui est absolument nécessaire pour l'Église elle-même et pour les victimes surtout, qui ont besoin que le drame qu'elles ont vécu soit reconnu et surtout que demain cela ne se reproduise plus", explique la députée du Doubs.

En tant qu'élue locale, "je n'ai jamais entendu parler là où je vis particulièrement de faits produits en proximité", assure Annie Genevard. Après une enquête "très approfondie", "on sait désormais ce qu'il s'est passé, une invitation aux victimes de témoigner, de parler. Un dénombrement des auteurs de ces faits, c'est un travail très poussé qui a été fait, qu'aucune autre communauté n'a fait", souligne-t-elle. "L'Église a pris ce problème de face, après l'avoir tu trop longtemps", admet la parlementaire.

L'Église en sortira-t-elle fragilisée ? Pour la députée, "cela probablement passera par une phase d'altération de son image, même si l'immense majorité des prêtres ne s'est pas rendu coupable", rappelle-t-elle. Le rapport Sauvé souligne en effet que ces faits ne concernent que "3% des prêtres". "C'est énorme et beaucoup trop mais la quasi totalité des prêtres ne s'est jamais rendu coupable de ces agissements", note Annie Genevard. "Ça aura une incidence sur l'église mais c'est peut-être le début d'une restauration de son image. Ce travail de vérité a été nécessaire mais a demandé du courage", félicite-t-elle.

 

Annie Genevard : "Nos candidats ont un devoir absolu : celui de se parler, se voir, s'entendre"

Qui sera véritablement le candidat des Républicains ?. Xavier Bertrand, le mieux placé dans les sondages, semble refuser le processus du congrès, début décembre. Il invite les candidats à se ranger derrière lui. Pour Annie Genevard, "nos candidats on un devoir absolu : celui de se parler, se voir, s'entendre". "Nous ne devons avoir qu'un seul candidat et que tout le monde se range derrière lui. Les militants ont exprimé le choix du congrès, il doit être respecté", appelle la député qui espère que "Xavier Bertrand entendra cette volonté militante, il n'a rien à y perdre".

"Les militants sont comme tous les Français qui ont envie du changement, une alternative à Emmanuel Macron ou Marine Le Pen", soutient Annie Genevard. "Ils porteront leur suffrage sur celui qui a les meilleures chances de l'emporter", estime la cadre du parti. "Si les uns et les autres voulaient accélérer le processus, il ne tient qu'à eux de s'entendre avant !", invite la députée qui en appelle "au sens de la responsabilité de chacun". "Les Républicains ont deux rassemblements à conduire : celui de leur candidat et celui des électeurs de la droite. Si on force le tempo, on ruine les chances du rassemblement", explique-t-elle.

 

"Au lendemain du congrès, ils doivent être comme les doigts de la main"

"Je ne suis pas le porte parole de Xavier Bertrand, on verra quelle sera sa décision", ajoute Annie Genevard pour qui "le sens de responsabilité impose qu'ils se mettent d'accord, ils doivent se parler et se voir régulièrement". "Si congrès il y a, au lendemain du congrès, ils doivent être comme les doigts de la main", invite la députée qui considère le parti comme "le rassembleur, le facilitateur et s'il faut le faire on le fait, c'est d'ailleurs ce que fait Christian Jacob depuis des mois".

Un accord est-il possible avant le congrès ? "Toutes les options sont ouvertes" assure la députée. "Soit, ils peuvent s'entendre sans la consultation du congrès, soit ils ne peuvent pas se mettre d'accord sur un seul d'entre eux et c'est le congrès", expose-t-elle. Dans les sondages, Xavier Bertrand fait mieux que les autres candidats. "Les sondages se succèdent, chacun les regarde", reconnaît-elle évoquant le dernier en date "intéressant", selon elle, puisque "le paysage politique est très mobile, ça peut amener à bouger les lignes""On ne peut pas parler à leur place, la seule chose qu'on peut exiger d'eux est qu'ils s'entendent", insiste la député. "Ça ruinerait nos chances de victoire s'ils montraient le moindre signe d'hostilité les uns envers les autres. S'il le faut, le congrès sera le juge de paix", espère Annie Genevard.

 

Annie Genevard : "Eric Zemmour dresse un constat que nous pouvons partager"

Au bureau politique LR, qui se tiendra mercredi 6 octobre, le cas Eric Zemmour devrait être évoqué. "Il est à peu près certain que nous en parlerons, compte tenu de son irruption dans le paysage politique et de son positionnement assez haut dans les sondages", reconnait Annie Genevard. Pour la députée, Eric Zemmour "dresse un constat que nous pouvons partager sur la fracturation de la France, la perte de souveraineté, l'immigration incontrôlée et la menace de l'islam radical". Si le polémiste arrive à s'imposer dans les sondages, c'est parce qu'il "incarne une forme de parler vrai qui peut plaire sur l'instant mais qui ne peut pas donner le change au sérieux des propositions", analyse l'élue du Doubs.

Additionnés, Eric Zemmour et Marine Le Pen cumulent 30% des intentions de vote. "Ca montre que depuis dix ans, la situation s'est aggravée en matière d'autorité publique, de délitement de la société", observe Annie Genevard pour qui les Français "demandent à leurs dirigeants d'agir, d'entraver ce mouvement mortifère pour la France". Pas de panique pour Les Républicains, la présidentielle se jouera "sur la crédibilité".

 

"Emmanuel Macron est entré dans une séquence électorale"

Et si Emmanuel Macron multiplie les propositions et les déplacements sur le terrain, c'est parce qu'on est "entré dans une séquence électorale" pour le président de la République. Ce qui choque Annie Genevard, qu'il "utilise les moyens de l'Etat, à coups de chèques, surtout à crédit". Si Emmanuel Macron se vante d'avoir pu augmenter le pouvoir d'achat des Français, la députée LR répondrait "augmentation de la CSG pour les retraités, prolongation de la CRDS, fracture énergétique". Les propositions du président-candidat seront "en contradiction avec la politique qu'il a menée", prévient l'opposante qui observe "un affolement pour les six derniers mois de quinquennat".

 

 

 

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