Amnesty international s'inquiète du droit de manifester en France

Des milliers de manifestants arrêtés, placés en garde-à-vue, poursuivis voire même parfois condamnés alors qu'ils n'avaient pas commis de violences ! C'est ce que dénonce Amnesty international dans son nouveau rapport réalisé avant et pendant la pandémie de Covid-19. L'association dénonce des lois "en contradiction avec les engagements de la France en matière de respect des droits humains et du droit de manifester".

(GUILLEMETTE VILLEMIN / AFP)

"Arrêté pour avoir porté un chapeau, des lunettes... Et un masque !"

En ligne de mire notamment : les lois sur l'organisation de manifestations non-déclarées ou encore sur la dissimulation du visage, comme le dénonce Anne-Sophie Simpere, chargée du plaidoyer à Amnesty France:

"Cette loi d'interdiction de dissimulation du visage, non-seulement elle n'a plus aucun sens dans le contexte du covid, mais même avant: elle était beaucoup trop générale. On peut avoir plein de raisons légitimes de se masquer le visage, et donc il fallait qu'elle soit beaucoup plus précise. Aujourd'hui elle a permis l'arrestation de personnes, simplement parce qu'elles portaient de quoi se protéger des gaz lacrymogènes, ou on a même le cas d'une personne qui portait un chapeau, des lunettes de soleil et un masque en papier, et qui s'est fait arrêter pour dissimulation du visage!" - Anne-Sophie Simpere, Amnesty international

 

 

"L'interdiction de manifester doit vraiment être le dernier recours"

L'association dénonce des lois "en contradiction avec les engagements de la France en matière de respect des droits humains et du droit de manifester". Et le contexte n'y change rien. Un certain nombre d'amendes pour interdiction de manifester ont été dressées depuis le déconfinement, explique Anne-Sophie Simpere:

"On a relevé plusieurs cas de personnes qui s'étaient mobilisés, notamment pour soutenir les soignants, et qui ensuite avaient reçu des amendes pour interdiction de manifester. Même dans un contexte sanitaire, il faut éviter les interdictions générales de manifester, d'autant plus quand on permet aux gens de se réunir dans les transports, les marchés. L'interdiction de manifester, ça doit vraiment être le dernier recours, il y a d'autres moyens de permettre aux gens de se réunir, comme exiger la distanciation sociale ou le port du masque. Donc les autorités doivent tout mettre en œuvre pour permettre aux gens de manifester" - Anne-Sophie Simpere, Amnesty international

 

Amnesty International demande aux parlementaires et au gouvernement de développer un cadre juridique plus protecteur du droit de manifester.