Affaire Sophie Le Tan: à son procès, Jean-Marc Reiser se défend d'être "un monstre"

Jean-Marc Reiser a affirmé mardi avoir été présenté dans les médias "comme un monstre", multipliant les digressions pour tenter de faire oublier le portrait d'un homme décrit comme "seul" et "violent", au deuxième jour de son procès pour l'assassinat de Sophie Le Tan en 2018.

Frederick FLORIN - AFP

Jean-Marc Reiser a affirmé mardi avoir été présenté dans les médias "comme un monstre", multipliant les digressions pour tenter de faire oublier le portrait d'un homme décrit comme "seul" et "violent", au deuxième jour de son procès pour l'assassinat de Sophie Le Tan en 2018.

"La médiatisation, qui m'a tellement présenté comme un monstre, a influé sur beaucoup de gens" interrogés durant l'enquête, a affirmé l'accusé de 61 ans, s'exprimant d'une voix sans affect.

Interrogé par l'avocat de la famille Le Tan, Me Gérard Welzer, sur son sentiment d'être "une bête de foire", Jean-Marc Reiser répondra: "Quelque part, oui j'ai l'impression".

"Dès qu'on m'a arrêté, on m'a désigné comme coupable", a lancé celui qui a mis plus de deux ans à avouer avoir tué et démembré Sophie Le Tan, déclenchant des réactions indignées dans la salle.

Masque sur le nez et en tee-shirt, Jean-Marc Reiser s'est montré volubile, parlant avec force détails incongrus et circonvolutions, sans lâcher le micro du box vitré des accusés.

Jean-Marc Reiser lors de son procès à la cour d'assises de Strasbourg le 27 juin 2022 pour le meurtre de Sophie Le Tan

Jean-Marc Reiser lors de son procès à la cour d'assises de Strasbourg le 27 juin 2022 pour le meurtre de Sophie Le Tan

Benoit PEYRUCQ - AFP

"Encore une fois, ce n'était pas la question, Monsieur Reiser", a dû à plusieurs reprises le recadrer le président de la cour, Antoine Giessenhoffer.

Connu pour son côté très procédurier, Jean-Marc Reiser, lunettes de vue sur le nez, a encore feuilleté des dossiers et des notes avant le début de l'audience, consacrée mardi matin à sa personnalité.

Les trois longs entretiens réalisés durant l'instruction avec lui en prison et ceux avec ses proches ont fait ressortir une "enfance solitaire" dans une famille mise à mal par l'alcoolisme du père, un "isolement social" avec peu d'amis, mais aussi la "haute estime de lui-même", d'un homme "refusant de se laisser couper la parole" et parlant "avec engouement de son parcours universitaire et fierté de son allure d'antan".

"Une tendance à minimiser" les violences commises sur ses anciennes compagnes a également été relevée.

"L'enquête de personnalité est parcellaire, elle aurait pu être plus complète", a critiqué M. Reiser.

Un témoin, qui l'a côtoyé en 2018 via un site de sorties collectives, évoquera "un homme seul et décalé dans ses questions et dans ses réponses".

Sophie Le Tan a disparu le jour de ses 20 ans après être allée visiter un appartement au nord de Strasbourg. Auteur de l'annonce de location, l'accusé a été confondu par la téléphonie, d'importantes traces de sang effacées dans son appartement et de l'ADN de la victime retrouvé sur le manche d'une scie à métaux qui a servi à découper le corps de la jeune femme, retrouvée en forêt plus d'un an après.

Jean-Marc Reiser a d'abord nié avant de finir par avouer début 2021 avoir tué Sophie Le Tan et l'avoir démembrée. Il nie néanmoins avoir prémédité son acte et lui avoir tendu volontairement un piège avec cette annonce immobilière fictive.

AFP / Strasbourg (AFP) / © 2022 AFP