À Pessac (Gironde), le nombre de bénéficiaires des Restos du Cœur a explosé

C’est parti pour la 33ème campagne des Restos du Cœur. Dans la localité de Pessac, en Gironde, les bénévoles voient le nombre de bénéficiaires augmenter mois après mois. Reportage.

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Pour la 33ème fois, les Restos du Cœur lancent cette semaine leur grande campagne annuelle pour venir en aide aux personnes précaires. Cette année, 71 000 bénévoles et 2085 centres se mobilisent pour accueillir les plus démunis, alors que près de 9 millions de personnes visent sous le seuil de pauvreté en France. Durant l’hiver dernier, 882 000 personnes ont été accueillies par les Restos du Cœur et pas moins de 135,8 millions de repas ont été distribués. À Pessac, en Gironde, l’association est aujourd’hui malheureusement victime de son succès ?

"On est en très forte progression par rapport à l’an dernier. À la même époque, on avait 64 familles inscrites. Aujourd’hui, on en a 158 ou 159. La pauvreté est là, et il ne faut pas se voiler la face : on se prend la vague de migrants en pleine figure», déclare le responsable Christian Baqué au micro de Sud Radio. Un témoignage corroboré par la présence de Sabelika, venue du Mali. «J’ai demandé l’asile, et je n’ai ni travail ni papier. J’ai cinq enfants et je suis toute seule", explique-t-elle.

"C’est dur, je vis avec 600 euros par mois"

Pour ce qui est du profil des bénéficiaires, Christian Baqué affirme que certaines personnes dans le besoin n’osent toujours pas venir. "Depuis des années, ça ne bouge pas. Ce sont essentiellement des familles mono-parentales et des étudiants. Je suis persuadé qu’il y a une population qu’on ne voit pas systématiquement : les personnes âgées. Beaucoup d’entre elles n’osent pas pousser la porte des Restos du Cœur. On doit pouvoir les aider aussi", assure-t-il. 

Âgée de 31 ans avec un enfant à charge, Jennifer vient chercher aux Restos du Cœur des denrées alimentaires, mais pas seulement. "C’est un peu dur, je vis avec 600 euros par mois. Il y a le côté alimentaire, mais ils m’ont aussi écouté pour d’autres problèmes médicaux que j’ai, ils m’ont redonné le sourire parce que ça n’allait pas fort moralement. Il y a un côté très humain", souligne-t-elle.

Un reportage de Christophe Bernard