À Perpignan, les immigrés clandestins algériens errent dans les rues

À Perpignan, les immigrés clandestins algériens sont de plus en plus nombreux à errer dans les rues. Fatouma Miloud Hocine, membre de l’association Au cœur de l’humanité 66, était interviewée dans "le coup de fil du matin" sur Sud Radio le 13 avril. "Le coup de fil du matin" est diffusé tous les jours à 7h12 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

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De plus en plus de migrants venus d'Algérie dans les rues de Perpignan. (©Victoria Koussa - Sud Radio).JPG

"Nous essayons de les faire partir"

Ils croyaient peut-être trouver l’eldorado en France. Mais beaucoup sont finalement à errer dans les rues de Perpignan. La situation s’est-elle dégradée ces derniers temps ? "La grande majorité n’espère pas rester sur la ville, explique Fatouma Miloud Hocine, membre de l’association Au cœur de l’humanité 66. Ceux qui restent sont ceux qui ont été arrêtés par la police de l’air et des frontières à Perpignan et renvoyés sur Bordeaux. Nous essayons de les faire partir. Les familles nous contactent pour leur faire prendre un billet pour Paris."

Sont-ils plus nombreux à arriver en ce moment ? "Nous avons constaté ces neuf derniers mois, depuis la fermeture de la frontière algérienne, qu’il y a beaucoup plus de migrants algériens, confirme-t-elle. Ils viennent sur des embarcations de fortune." Ils n’ont plus d’argent pour pouvoir poursuivre leur route ? "Beaucoup disent qu’ils se font dépouiller par les passeurs à la frontière ou en arrivant en Espagne. Quand ils arrivent à Perpignan, ils n’ont vraiment plus rien."

"Sans laisser-passer, leur retour est bloqué"

Pourquoi viennent-ils en France ? "C’est la question que je leur pose. Ils disent qu’ils cherchent la liberté, qu’il n’y a pas de droit là-bas. Que le dinar algérien a fortement chuté, qu’il n’y pas de travail. Que même avec un diplôme, tout marche au piston. Ils sont tous dégoutés, c’est ce que je ressens. Nous sommes beaucoup d’associations, c’est compliqué pour toutes."

Quelle est l’attitude des habitants de Perpignan face à ces clandestins qui errent dans les rues ? "Les gens sont quand même solidaires, juge Fatouma Miloud Hocine. Je fais des demandes de dons. Certains ont peur, notamment du Covid-19, je les rassure. Ceux que je vois sont corrects avec nous. Mais il y en a tellement que l’on n’arrive pas à les aider. Nous faisons des demandes pour des procédures de rapatriement humanitaire. Le fait que les frontières algériennes soient fermées et qu’ils soient partis sur des embarcations sans laisser-passer bloque leur retour."

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