À Marseille, le mauvais temps du mois de mai surprend commerçants et habitants

Reportage Sud Radio. Les nombreux orages et pluies qui se sont abattus sur une bonne partie de la France ces derniers temps ont surpris bien du monde à Marseille, la cité phocéenne étant peu habituée à de tels mois de mai.

Les restaurateurs marseillais attendent avec impatience le retour des beaux jours

"Là j’ai un pull et un petit manteau léger qui me tient chaud". "Moi j’ai carrément la polaire et le gore-tex". "On n’est pas habitués à Marseille ! D’habitude on est en maillot de bain, avec les paréos et les tongs… Là, on a les tennis, les chaussettes, ça fait bizarre mais bon...". À Marseille, sur les plages du Prado, le ciel comme le moral des habitants fait grise mine. Et pour cause, le temps plus que maussade de ce mois de mai a surpris les Marseillais, peu habitués à un printemps si peu chaleureux.

Au-delà des habitants, ce sont les commerçants qui subissent le plus le mauvais temps actuel, touristes et passants boudant les terrasses des restaurants et des bars. "C’est sûr que si on n’a pas de beau temps, à un moment donné au lieu d’employer huit serveurs, on n’en emploiera que cinq, c’est évident… Mais pour le moment, ce n’est pas encore le cas. La restauration ça va, les gens peuvent manger à l’intérieur, on est à l’abri avec les parasols et tout. La brasserie, c’est un peu plus gênant s’il ne fait pas très beau", indique à Sud Radio un gérant de bar à La Ciotat (Bouches-du-Rhône).

Alors qu’il y a eu en ce mois de mai plus de soleil en Bretagne qu’en Provence, cette situation inquiète Éric Zanetti, restaurateur sur le littoral marseillais. "Il n’y a personne en terrasse, personne dans les autres établissements, personne nulle part… Le dicton "En avril ne te découvre pas d’un fil, en mai fais ce qu’il te plaît" est complètement inversé cette année. C’est un coup dur, c’est une perte sèche, c’est sûr. On perd entre 15 et 20% de chiffres d’affaires. La plage devait être ouverte depuis le 1er mai, on n’a pas encore ouvert un seul jour. On se rattrape un petit peu en salle, on essaye de faire des cocktails dinatoires à l’intérieur, des petites soirées pour essayer de rattraper ça, mais ce qui est perdu est perdu ! Je suis en train de différer tous les contrats saisonniers en les retardant… Chiffres réduits, donc personnel réduit, frais réduits. Après l’hiver pourri qu’on a eu, maintenant c’est le printemps… On n’a plus de saisons, on n’a plus rien !", déplore-t-il.

Un reportage de Lionel Maillet