"30% des santonniers sont en passe de fermer"

Une réunion cruciale pour les santonniers: ils ont rendez vous ce lundi avec leur ministre de tutelle, Alain Griset chargé des PME. La profession est touchée de plein fouet par la crise sanitaire. Sans marché de Noël ni foire, les 300 santonniers du pays provençal sont en grande difficulté. Ils espèrent pouvoir retravailler au plus vite.

Des santons provençaux. (Collection de Paul Fouqué, photographiée par Daniel Ferrier)
Reportage Sud Radio de Lionel Maillet

 

Puisque la vente de sapins de Noël va être autorisée, Richard Deppoyan demande exactement la même chose au gouvernement. Il vient de monter le collectif des santonniers et créchistes:

"Nous avons 30% des santonniers qui sont en passe de fermer. Si on veut arriver à sauver notre corporation, il faut que nous puissions vendre notre produit au 1er décembre"

 

Autrement dit, autoriser les marchés de Noël et les foires aux santons pour sauver une partie de la saison. Florence Amy préside l’association des céramistes et santonniers d’Aubagne: "On est prêts à ouvrir avec toutes les normes sanitaires. Nous sommes en plein air, qu'est-ce qu'on risque? Noël, c'est 80% de notre chiffre d'affaires a minima, pour chaque entreprise qui vit de son métier, souvent en famille... Cela va être une catastrophe humaine si nous n'arrivons pas à débloquer la situation". Fille de santonnière, Colette Canfora perpétue la tradition du côté de Roquevaire, "cette année nous avons le ramoneur, le sabotier, le forgeron..." Elle a bien un site internet et se sert des réseaux sociaux mais à travers un écran elle n’écoule que 15 % de sa production:

"[Les clients] aiment choisir les santons, les comparer, les toucher, les voir de près... C'est vrai que, sur un site, c'est pas possible"

 

Sur les 300 santonniers que compte le pays. 250 sont regroupés dans la région Paca.

 

"Tous mes confrères ont fabriqué toute l'année. Ils ont acheté toute leur matière première. Nous avons payé nos salariés, nos stocks sont pleins. Et on ne peut pas vendre, le click and collect ne fonctionne pas vraiment"  - Richard Deppoyan du collectif des santonniers et créchistes