17 novembre : a-t-on le droit de bloquer la France ?

Les "Gilets jaunes" ont-il le droit de bloquer la France ? C'était le débat du jour avec Véronique Jacquier dans "Info vérité" sur Sud Radio le 14 novembre. Avec pour invités :
- Barbara, membre des « Gilets Jaunes » à Perpignan ;
- Régis de Castelnau, avocat et membre de la rédaction de Causeur ;
- Fabrice Angei, secrétaire confédéral de la CGT.

"Info Vérité" est diffusée tous les jours à 7h10 et 9h15 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

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"Partout où il y aura blocage, la police interviendra", a prévenu le ministre de l'Intérieur, à quelques jours du 17 novembre. Mais les blocages prévus ce samedi sont-ils légitimes, et légaux ?

"Le peuple parle, tout simplement"

" Christophe Castaner joue sur les mots, estime Véronique Jacquier. Il parle de blocage total. Mais quand des agriculteurs sont en colère, il leur arrive de bloquer des raffineries. Quand des cheminots se mobilisent, ils empêchent des trains de circuler. Samedi les gilets jaunes vont se retrouver à des ronds points, à des entrées d’autoroute, mais ils vont tâcher de ne pas entraver la circulation." Il faut dire que le faire serait passible de deux ans de prison et 4.500 euros d’amendes...
 
Mais en cas d'incident, qui sera responsable ? Pas l'État, en tout cas, et il est probable que le manifestant à l’origine de l’incident ne sera pas couvert par son assurance. Sur les 700 manifestations prévues samedi, quasiment aucune n’a été déclarée en préfecture et en mairie. De là à dire que les "gilets jaunes" sont hors la loi, il n'y a qu'un pas. Et les organisateurs risquent six mois de prison et 7.500 euros d’amende. Mais y en a-t-il vraiment ? "Déposer une  demande en préfecture ? On n’en a pas du tout parlé, confirme Barbara, membre des "gilets jaunes" à Perpignan. On est des citoyens, on a le droit d’aller dans la rue dire ce que l’on pense. Le peuple parle, tout simplement. Il n'y aura pas de blocage total, juste des blocages filtrants, des ralentissements."

Pas d'interlocuteur avec qui négocier

Pour autant, manifester sans autorisation, bloquer la France, est-ce vraiment démocratique ? "En 1968 les étudiants ne se sont pas posé la question, s'amuse Véronique Jacquier. Les gilets jaunes ne se posent pas non plus la question ! La mobilisation de samedi, c’est la première issue des réseaux sociaux." Comme Emmanuel Macron et En marche, finalement, cette manifestation surgit alors qu’on ne l’attendait pas. C’est le nouveau monde version contestation populaire.

Syndicats, partis politiques, gouvernement... Tous sont dépassés car il n’y a pas d’interlocuteur avec qui négocier quoi que ce soit. Les "gilets jaunes" ont des incarnations sur les réseaux sociaux, mais pas de leader. Collectivement, ils prennent le droit de bloquer la France, et ils n’ont pas besoin d’être syndiqué ou politisé pour cela. Car leur colère dépasse la question des carburants, car c’est ainsi que toutes les jacqueries ont commencé...

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