Si j'étais président

Jean-Philippe Roman, avocat à Aix-en-Provence

Aix-en-Provence si j'étais président

Ce matin, la parole est à Jean-Philippe Roman. C'est un avocat pénal à Aix-en-Provence et il vient de publier un manifeste dont le titre en dit long,  « Ne votez plus ». Un appel à l'abstention pour donner un coup de pied dans la fourmilière. La meilleure façon de se faire entendre, nous dit Jean-Philippe Roman, c'est peut-être encore de garder le silence face à une parole politique qu'il estime complètement démonétisée. Cela dit, il croit encore à la politique, mais autrement. Alors, que ferait-il, s'il était président ?

 

Si j'étais président, je commencerais par restaurer la démocratie en modifiant le fonctionnement de nos institutions, ce qui me semble être le moyen, aujourd'hui, de rendre la parole au peuple. Je proposerais, pour commencer, la suppression du Sénat. Je proposerais aussi la réduction du nombre de députés à une centaine, parce que, à l'époque où nous vivons, l'existence de près de 600 représentants du peuple - puisqu'ils s'appellent ainsi - me semble complètement obsolète. Si j'étais président, je proposerais également de prendre en compte les votes blancs, mais en allant plus loin. Il faudrait, par exemple, qu'en cas d'un vote blanc au-dessus de 25 %, on soit obligé d'organiser une nouvelle élection, avec peut-être d'autres candidats, pour éviter la contrainte de choisir entre la peste et le choléra. Si j'étais président, je rétablirais une dose de proportionnelle, le système actuel étant totalement injuste, puisque n'y sont représentés que les partis majoritaires, et je supprimerais l'article 49-3 de la constitution, qui permet d'imposer une décision contre sa conviction et sans qu'il n'y ait aucun vote.

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